Le ministre du Travail à Toulon pour lancer la « force spéciale Défense »
Le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou est attendu ce jeudi à Toulon pour une journée dense consacrée aux enjeux de souveraineté et d'emploi dans le secteur de la Défense. Sa visite débute par l'inauguration du salon Toulon Défense Event, avant une rencontre avec les équipes de l'entreprise Seaowl à La Garde en début d'après-midi.
10 000 recrutements dans le Var d'ici 2030
Cette visite fait suite à son déplacement de janvier dernier sur les sites de Naval Group à Ollioules et de la PME Acti à La Seyne-sur-Mer. Lors de cette précédente tournée, Jean-Pierre Farandou avait annoncé un besoin de 10 000 recrutements pour le seul secteur de la Défense dans le Var à l'horizon 2030. Il vient aujourd'hui officialiser la création d'une cellule spécialisée au sein de France Travail pour faciliter ces embauches.
« D'abord je tiens parole. J'avais dit que je reviendrais, je reviens, c'est important », déclare le ministre. « Ces quelques semaines passées ne font que confirmer le diagnostic que j'avais déjà porté dans le Var au plan national, à savoir que les sujets de souveraineté sont majeurs pour notre pays. L'actualité qui s'est déclarée, avec le conflit en Iran, montre que les enjeux militaires et énergétiques sont absolument essentiels. J'ai fait de la souveraineté une priorité de mon ministère. »
Une « force spéciale Défense » opérationnelle
Le dispositif de soutien au recrutement est désormais activé. « On a recruté la générale Dominique Vitte pour armer la force spéciale Défense de France Travail », explique Jean-Pierre Farandou. Un travail en amont a été engagé avec le préfet du Var pour comprendre précisément les besoins des entreprises : métiers, spécialités, volumes, planning et localisation.
Le ministre mise sur deux leviers principaux :
- Le renforcement des effectifs et des méthodes, avec une accélération du déploiement de l'intelligence artificielle pour optimiser la correspondance entre offres d'emploi et profils des demandeurs.
- La formation, en collaboration avec les élus locaux pour des questions de foncier et de logement.
« C'est vraiment une mobilisation de tous les acteurs. Le préfet va être un peu le chef d'orchestre d'un vaste plan d'action territorial », insiste-t-il, rappelant l'objectif de 100 000 emplois au niveau national dans la Défense.
Un modèle à dupliquer : la force stratégique NET
Le ministre annonce la duplication de ce modèle avec une nouvelle force stratégique baptisée NET (Nucléaire, Énergie et Transition écologique). « Parce que c'est le système qui marche. En deux mois, on a fait de grands progrès », se félicite-t-il. La générale Vitte a rencontré la plupart des grandes entreprises donneuses d'ordre et travaillé sur les chaînes de sous-traitance, en lien avec le ministère des Armées.
« On a mis du liant et de l'efficacité. Elle prépare un plan global qui permettra à France Travail de s'organiser jusqu'à chacune des agences, avec une feuille de route qui sera finalisée d'ici juin », précise Jean-Pierre Farandou, qui ajoute : « Moi, je me positionne un peu comme le DRH de la Maison France. Je suis là pour aider toutes les entreprises à trouver les services dont ils ont besoin et inversement, permettre à des gens qui travaillent ou qui se cherchent du travail de trouver un projet professionnel. »
Contexte international et démocratie sociale
Interrogé sur l'impact des crises internationales sur les embauches, le ministre relativise : « Pour le moment, on n'a pas ce genre de tendance très claire ». Il évoque les dispositifs de chômage partiel pour les entreprises affectées par la hausse du carburant, avec seulement 40 entreprises au niveau national ayant fait appel à ces mesures.
À la veille de son premier 1er-Mai en tant que ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou revient sur le débat concernant l'ouverture des fleuristes et boulangers : « Je suis convaincu que la démocratie sociale est vraiment la voie de passage indispensable quand on veut transformer le pays. Il faut absolument passer par le dialogue social. »
Il évoque également les prochaines étapes :
- La Conférence travail emploi retraites, dont les conclusions éclaireront le dossier central des retraites, la réforme de 2023 étant actuellement suspendue.
- Un travail ambitieux sur le financement de la Sécurité sociale, avec un matériau à partager avec les partenaires sociaux à l'automne.
Le ministre salue « la grande maturité » des partenaires sociaux après la signature d'un accord important sur l'assurance chômage, particulièrement concernant la rupture conventionnelle.
Le coût du travail et la présidentielle
Sur la question du coût du travail, Jean-Pierre Farandou rappelle que « pour les bas salaires autour du SMIC, on a le coût du travail un des plus bas d'Europe » grâce aux allègements généraux. Il souligne la complexité du financement de la Sécurité sociale : « C'est un sujet complexe qui ne se tranche pas par des affirmations un peu rapides. »
Enfin, concernant la campagne pour l'élection présidentielle, le ministre n'a qu'une recommandation : « Passer par la démocratie sociale. » Il lance même une question aux candidats : « Quelle est votre position sur la démocratie sociale ? Est-ce que vous souhaitez l'utiliser ? » Et de conclure : « Si on se retrouve à nouveau avec une Assemblée sans majorité, je recommanderai très fortement de passer par la démocratie sociale pour conduire les grandes réformes dont notre pays a besoin. »



