Chômage des diplômés au Bangladesh : une bombe à retardement sociale
Chômage des diplômés au Bangladesh, une bombe à retardement

Chômage des diplômés au Bangladesh : une crise sociale majeure

Riaz Uddin, jeune homme de 28 ans diplômé d'un master de l'université de Dacca, l'un des meilleurs établissements du Bangladesh, est au chômage depuis deux ans. Il a envoyé des dizaines et des dizaines de candidatures et a passé à deux reprises les concours pour devenir haut fonctionnaire, sans succès. Comme lui, des milliers de jeunes tentent leur chance dans le secteur public, considéré comme plus stable.

« L'idéal, c'est de décrocher un emploi du gouvernement. Dans le secteur privé, on peut être licencié beaucoup trop facilement », explique Riaz Uddin. Cette quête de sécurité professionnelle reflète une réalité alarmante : plus de 2,7 millions de personnes sont au chômage au Bangladesh, dont environ 900 000 diplômés de l'enseignement supérieur.

Des statistiques inquiétantes pour la jeunesse

En moyenne, chez les moins de 25 ans, un jeune homme sur quatre est chômeur. Parmi les diplômés, la situation est encore plus critique, avec un sur trois sans emploi. « Plus vous êtes éduqués, plus vous êtes au chômage », souligne Debapriya Bhattacharya, économiste à la tête du Centre for Policy Dialogue à Dacca.

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Cette situation a déjà provoqué des tensions sociales. La révolte étudiante de 2024, qui avait contraint l'ex-première ministre Sheikh Hasina à fuir, avait débuté en raison du système de recrutement dans la fonction publique, jugé inégalitaire. Les étudiants s'opposaient à un système de quotas accusé de favoriser les membres de la Ligue Awami, le parti de Sheikh Hasina.

Une bombe à retardement sociale

Debapriya Bhattacharya met en garde : « Le chômage des jeunes est une bombe à retardement et ce problème n'a pas disparu ». Cette crise du chômage des diplômés menace la stabilité sociale et économique du pays, alors que les jeunes qualifiés peinent à intégrer le marché du travail.

Les défis sont nombreux :

  • Un système de recrutement public perçu comme inéquitable
  • Une précarité accrue dans le secteur privé
  • Un manque d'opportunités pour les diplômés
  • Des tensions politiques persistantes liées à l'emploi

Cette situation illustre les difficultés du Bangladesh à absorber sa jeunesse éduquée, posant des questions cruciales sur l'avenir du pays et la cohésion sociale.

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