La CGT lance un appel pour un prix maximum à la pompe
Face à la flambée historique des tarifs des carburants, la secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet, propose une mesure choc : l'instauration d'un prix plafond à la pompe. Dans un entretien accordé à Ouest-France et publié ce lundi 6 avril, la leader syndicale demande la fixation d'un « prix maximum à la pompe de 1,70 euro le litre », une initiative destinée à protéger le pouvoir d'achat des travailleurs les plus exposés à cette hausse vertigineuse.
Une proposition pour contrer les profits records des pétroliers
Alors que les prix de l'essence et du gazole ont largement dépassé la barre symbolique des 2 euros le litre en France, principalement en raison des tensions géopolitiques au Moyen-Orient, Sophie Binet estime qu'il est urgent d'agir. « Il faudrait fixer un prix maximum à la pompe, de 1,70 euro par exemple, en limitant les prix de vente des pétroliers », affirme-t-elle avec conviction. La syndicaliste pointe du doigt les marges jugées excessives des compagnies pétrolières, qui « font des bénéfices records dans ce contexte de crise ».
Elle cite notamment l'exemple de TotalEnergies, dont les traders auraient réalisé un milliard d'euros de bénéfices en mars en spéculant sur la crise. Pour la CGT, cette situation justifie pleinement « le retour des tarifs réglementés sur les prix du gaz et de l'électricité », qui devraient être fixés en fonction des coûts de production réels plutôt que des fluctuations spéculatives du marché.
Des professions particulièrement fragilisées par la hausse
La hausse des prix de l'énergie vient fragiliser un peu plus certaines professions essentiellement féminines et déjà précaires, comme les aides-soignantes, les travailleurs du secteur social et médico-social. Ces professionnels, qui dépendent souvent de leur véhicule pour exercer leur activité, se retrouvent dans une situation financière critique. Une pétition lancée en ligne par une aide à domicile syndiquée à la CGT, qui « refuse de payer pour travailler », a d'ailleurs recueilli plus de 50 000 signatures en seulement quelques jours, témoignant de l'ampleur du mécontentement.
Reçue mardi dès 17h30 à Bercy avec les représentants des autres centrales syndicales (CFDT, FO, CFE-CGC et CFTC), la CGT compte porter plusieurs revendications fortes lors de cette rencontre avec les ministres de l'Économie, du Travail et de l'Énergie. Parmi elles figurent « le blocage des prix, l'augmentation du smic et des salaires, à commencer par celui des aides à domicile », avait déclaré Sophie Binet plus tôt dans la semaine.
Un contexte de prix records et de mesures gouvernementales attendues
Les chiffres sont éloquents : vendredi dernier, le gazole, carburant routier le plus utilisé en France, se vendait en moyenne à 2,282 euros le litre, selon un calcul de l'AFP réalisé sur les prix rapportés par environ 8 500 stations sur un site gouvernemental. À titre de comparaison, avant le déclenchement du conflit au Moyen-Orient, ce même carburant coûtait environ 1,72 euro le litre, soit une augmentation de plus de 30% en quelques mois.
Face à cette situation, le gouvernement a promis des mesures de soutien. Le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé la semaine dernière que de nouvelles aides « ciblées » seraient dévoilées en début de semaine. Vendredi soir, le ministère de l'Économie a précisé ces intentions en promettant le lancement prochain d'un « prêt flash carburant » en partenariat avec Bpifrance. Ce dispositif vise spécifiquement à soutenir la trésorerie des petites entreprises les plus exposées à la flambée des prix des carburants, mais ne répond pas directement aux préoccupations des travailleurs individuels soulignées par la CGT.



