ArcelorMittal : la CGT attaque en justice le plan social de 608 suppressions de postes
CGT attaque le plan social d'ArcelorMittal en justice

La CGT d'ArcelorMittal Dunkerque saisit la justice contre le plan social

Le syndicat CGT d'ArcelorMittal Dunkerque a engagé, ce mercredi, une action devant le tribunal administratif de Montreuil pour tenter de faire annuler le plan de sauvegarde de l'emploi (PSE) validé fin 2025. Ce plan prévoit initialement la suppression de 608 postes en France, un chiffre qui a été révisé à 224 emplois effectifs après prise en compte des postes vacants et des mesures de reclassement.

Un plan jugé injustifié et irrégulier

Gaëtan Lecocq, délégué CGT à Dunkerque, a déclaré à l'AFP : « On veut faire annuler le PSE, tout simplement, car il n'est pas justifié. » L'avocat du syndicat, Ralph Blindauer, va soulever plusieurs irrégularités dans la procédure, notamment concernant l'information et la consultation du Comité social et économique (CSE). Il pointe du doigt :

  • Une évaluation insuffisante des risques liés au plan.
  • Une mauvaise appréciation de la charge de travail future pour les salariés restants.
  • Une information lacunaire fournie au CSE durant le processus.

La direction d'ArcelorMittal, pour sa part, a refusé de commenter cette procédure judiciaire en cours.

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Contexte politique et craintes de démantèlement

Cette action judiciaire intervient dans un contexte politique particulier. Une proposition de loi visant à nationaliser les actifs français d'ArcelorMittal, adoptée en première lecture par l'Assemblée nationale mais rejetée par le Sénat le 25 février, doit être réexaminée le 11 juin. Ralph Blindauer met en garde : « Si le plan social est exécuté tel quel et si la loi de nationalisation est votée, l'État va récupérer une société complètement décapitée. » Il souligne que les suppressions concernent principalement des fonctions support et d'encadrement.

L'avocat accuse également le groupe sidérurgique de mener un « démembrement lent, systématique et méthodique » de sa présence en France. Il qualifie d'« arbre qui cache la forêt » l'annonce récente de la construction d'un grand four électrique à Dunkerque, alors que le groupe a suspendu ses investissements dans la décarbonation en Europe.

Validation du PSE et prochaines étapes

Le plan de sauvegarde de l'emploi avait été annoncé en avril 2025. Il a été validé fin novembre par les syndicats majoritaires CFDT et CFE-CGC, puis par l'État en décembre. Le chiffre initial de 608 postes supprimés, correspondant à 378 emplois nets après déduction des postes vacants, a été ramené à 224 fin 2025 grâce à des réorganisations et des reclassements anticipés.

La décision du tribunal administratif de Montreuil a été mise en délibéré. L'issue de cette procédure pourrait influencer le débat parlementaire sur la possible nationalisation et l'avenir industriel du site français d'ArcelorMittal.

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