Carrefour : un salarié réclame d'être payé pour le temps avant le pointage
Carrefour : salarié réclame paiement avant pointage

Un salarié de Carrefour réclame le paiement du temps avant le pointage : une affaire judiciaire majeure

Un employé de Carrefour a engagé une bataille judiciaire pour que son temps de marche, depuis l'entrée du magasin jusqu'à la pointeuse, soit considéré comme du travail effectif et donc rémunéré. Cette affaire, qui pourrait bouleverser les pratiques de rémunération dans la grande distribution, a connu un rebondissement significatif le 21 janvier 2026 lorsque la Cour de cassation a rendu une décision susceptible de faire jurisprudence.

Une procédure judiciaire de plusieurs années

Tout a commencé en septembre 2019 lorsque cet employé de libre-service a saisi les prud'hommes. Il soutenait que le trajet entre le vestiaire et la pointeuse, durant lequel il était fréquemment sollicité par des clients, devait être reconnu comme du temps de travail effectif, conformément à l'article L 3121-1 du Code du travail. Trois collègues ont attesté de ses déclarations, appuyant sa demande.

Initialement, la Cour d'appel d'Aix-en-Provence a rejeté sa requête en juin 2024, estimant qu'aucune directive ne lui avait été donnée avant le pointage. Cependant, l'avocat du salarié a fait valoir que son client demeurait à la disposition de son employeur, malgré la consigne d'éviter l'allée centrale, et était missionné sans être payé.

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La Cour de cassation donne raison au salarié

En 2026, la Cour de cassation a donné raison à cette analyse, jugeant que la Cour d'appel n'avait pas suffisamment examiné la question de la disponibilité et des sollicitations avant le pointage. L'affaire a donc été renvoyée pour réexamen, dans une logique d'alignement sur le droit européen.

Si la requalification du temps de marche en travail effectif est confirmée, le salarié pourrait percevoir un rappel de salaire significatif, car la limite de prescription est de trois ans en matière salariale. Cette décision pourrait créer un précédent important pour les employés des hypermarchés, remettant en cause les pratiques actuelles de rémunération.

Implications potentielles pour la grande distribution

Cette affaire met en lumière les tensions entre les exigences opérationnelles des enseignes de grande distribution et les droits des salariés. Si le salarié obtient gain de cause, cela pourrait entraîner une évolution majeure dans la manière dont le temps de travail est calculé et rémunéré, notamment pour les périodes de transition entre l'arrivée sur le lieu de travail et le début officiel du poste.

Les employeurs pourraient être contraints de revoir leurs procédures de pointage et de gestion des plannings, avec des conséquences financières potentielles importantes. Cette décision de justice soulève également des questions plus larges sur la frontière entre vie professionnelle et vie personnelle, et sur la reconnaissance du travail effectué en dehors des heures strictement définies.

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