Alors que la revalorisation automatique du salaire minimum au 1er juin approche, la secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet, a appelé vendredi à rouvrir des négociations salariales dans tous les secteurs. Elle estime que la réévaluation automatique du Smic placera « 80 % des branches professionnelles avec des minima inférieurs » au salaire minimum.
Un appel à la mobilisation générale
« Il faut ouvrir les négociations partout, dans toutes les entreprises, dans toutes les branches », a réclamé Sophie Binet sur Franceinfo, jugeant « scandaleux que le patronat refuse de négocier ». Selon elle, « au 1er juin, il va y avoir 80 % des branches professionnelles avec des minima inférieurs au Smic, cela veut dire des métiers dans lesquels on est au Smic à vie ».
Une majorité de branches sous le seuil du Smic
Selon le ministère du Travail, à fin avril, un quart des 178 branches du secteur général ont une grille salariale qui démarre sous le Smic. La CGT en avait dénombré début avril « 76 branches sur 230 », soit un tiers. Les conventions collectives de ces branches ne sont pas automatiquement revalorisées quand le Smic évolue. Or, au 1er juin, celui-ci va augmenter de 2,41 % par un effet mécanique, l'inflation en avril ayant dépassé 2 % sous l'effet de la hausse des coûts de l'énergie entraînée par la guerre au Moyen-Orient.
Cela ne signifie pas pour autant que des salariés soient payés au-dessous du Smic, l'employeur devant combler l'écart. Toutefois, lorsque plusieurs niveaux d'ancienneté sont rattrapés par l'évolution du salaire minimum, la rémunération des salariés peut stagner au Smic malgré leur gain d'ancienneté.
Une proposition d'indexation des salaires
« Nous faisons une proposition toute simple pour éviter ça, c'est d'indexer l'ensemble des salaires sur les prix et sur le Smic, de faire en sorte que quand le Smic augmente, tous les autres salaires suivent et augmentent en même temps », a avancé Sophie Binet, citant les exemples de la Belgique et du Luxembourg. Comme la CGT, la CFDT, première centrale syndicale française, n'a de cesse de réclamer la réouverture des négociations salariales par branche dans les entreprises comme dans la fonction publique, notamment pour les grilles démarrant encore sous le Smic.



