Permis de conduire : les auto-écoles submergées après la fin du financement CPF général
Depuis le 25 février 2026, le financement du permis de conduire via le Compte personnel de formation (CPF) est désormais réservé aux demandeurs d'emploi inscrits à France Travail et plafonné à 900 euros. Cette réforme, publiée au Journal officiel, a immédiatement provoqué un afflux massif d'inscriptions dans les auto-écoles, créant une situation de saturation particulièrement visible à Montpellier.
Une multiplication par dix des inscriptions
Le gérant de O'Permis Montpellier, Ilias Jemrhili, témoigne d'un « gros boum d'inscriptions » dès l'annonce des changements. « On est à environ dix dossiers par jour alors qu'on était à un avant la mi-janvier », confie-t-il. Pour faire face à cette demande soudaine, il a dû recruter trois moniteurs en CDD pour les trois prochains mois, afin de respecter les délais impartis et éviter un goulot d'étranglement.
Des conséquences sur les calendriers et examens
Cet afflux risque de créer des bouchons dans les calendriers et les dates d'examen, d'autant que les formations devraient se terminer vers mai-juin, période déjà intense pour les auto-écoles avec l'arrivée de l'été et des jeunes finissant leurs études. Benjamin Panis, président de l'Union nationale des indépendants de la conduite (Unic) et gérant d'une auto-école dans le Gard, confirme une « petite ruée » dans son établissement.
Des chiffres qui illustrent l'impact
- Près d'un quart des candidats au permis B, soit 1,5 million de personnes en 2024, ont financé leur formation avec le CPF.
- Le permis de conduire représentait 17% des formations financées par le CPF en 2022, 23% en 2025 et près de 30% en 2024.
- Benjamin Panis évoque un « matraquage par mailing et par SMS » avant la fin du financement général pour récupérer un maximum de fonds.
Des contrôles renforcés et des risques de désillusion
Benjamin Panis, qui juge cette réforme « absurde », prévient que les contrôles seront nombreux. « On a bien prévenu les gens que l'instruction des dossiers pourrait être beaucoup plus longue et que le dossier pourrait être retoqué à un moment donné. Il va y avoir des vérifications, la Caisse des Dépôts va s'assurer que les gens soient bien éligibles à cette aide », détaille-t-il, craignant des désillusions pour les candidats.
Cette situation met en lumière les tensions générées par la réforme du CPF, avec des auto-écoles devant s'adapter rapidement à une demande explosive tout en anticipant des procédures de contrôle plus strictes, dans un contexte où le permis reste un enjeu crucial pour de nombreux Français.



