Allocations chômage dégressives pour tous : la proposition polémique de la CPME
Allocations chômage dégressives : la proposition polémique

Allocations chômage dégressives pour tous : la proposition polémique de la CPME

L'avenir des allocations chômage pourrait connaître un tournant majeur avec une proposition controversée de la Confédération des petites et moyennes entreprises. Alors que les négociations sur l'assurance chômage battent leur plein, la CPME souhaite instaurer une dégressivité généralisée des allocations pour l'ensemble des demandeurs d'emploi, et non plus seulement pour les cadres comme c'est actuellement le cas.

Une mesure qui divise profondément

La proposition patronale, révélée par BFMTV, intervient dans un contexte de négociations particulièrement tendues entre les partenaires sociaux. Actuellement, seuls les chômeurs percevant au moins 4 500 euros brut mensuels voient leur allocation diminuer de 30% après six mois sans emploi. La CPME propose d'étendre ce mécanisme à tous les bénéficiaires, une initiative qui suscite des réactions contrastées.

Du côté des organisations syndicales, les positions sont tranchées. La CFE-CGC, représentant les cadres, soutient cette mesure qu'elle considère comme une manière de mettre fin à une stigmatisation spécifique de cette catégorie professionnelle. À l'inverse, la CFDT exprime de vives réticences, tandis que la CGT a récemment accusé le patronat de "bordéliser délibérément les négociations" dans un communiqué cinglant.

Des objectifs financiers ambitieux

Ces discussions s'inscrivent dans un cadre plus large de réduction des dépenses publiques. Fin novembre 2025, le gouvernement avait fixé aux partenaires sociaux l'objectif de dégager 400 millions d'euros d'économies annuelles, notamment en ciblant les ruptures conventionnelles souvent pointées du doigt pour leurs abus potentiels.

Les données de l'Unedic révèlent l'ampleur du phénomène : en 2024, les allocations chômage liées aux ruptures conventionnelles ont atteint 9,4 milliards d'euros, représentant 26% du total des dépenses. Mais le patronat, par la voix de ses différentes organisations, ambitionne désormais d'aller bien au-delà des attentes gouvernementales en visant un milliard d'euros d'économies.

Un calendrier serré et des enjeux cruciaux

Les négociateurs n'ont plus que deux semaines pour parvenir à un accord, ce qui ajoute une pression supplémentaire à des discussions déjà complexes. La séance du mercredi 11 février 2026 s'est ouverte dans un climat particulièrement électrique, avec des positions apparemment irréconciliables entre les différentes parties.

L'élargissement du champ des discussions souhaité par le patronat, qui dépasse largement le cadre initial des ruptures conventionnelles, constitue un point de friction majeur. Les organisations syndicales dénoncent une tentative de renégocier "en un mois, et à la baisse, la quasi-totalité des règles d'assurance chômage", selon les termes utilisés par la CGT.

Cette proposition de dégressivité généralisée s'inscrit dans un débat plus large sur l'efficacité du système d'indemnisation du chômage et son impact sur le retour à l'emploi. Alors que certains y voient un moyen de limiter les abus et d'inciter à une recherche d'emploi plus active, d'autres craignent une précarisation accrue des demandeurs d'emploi dans un contexte économique déjà difficile.

Les prochains jours seront déterminants pour l'avenir de l'assurance chômage en France, avec des implications potentielles pour des millions de travailleurs et d'entreprises. La capacité des partenaires sociaux à trouver un terrain d'entente malgré leurs divergences profondes sera scrutée avec attention par l'ensemble des acteurs économiques et sociaux.