Adecco profite de l'incertitude économique pour dynamiser son activité d'intérim
Dans un contexte économique marqué par les tensions géopolitiques et les incertitudes commerciales, le groupe suisse Adecco a dévoilé ce mercredi des résultats encourageants pour le quatrième trimestre. La demande soutenue de personnel temporaire a permis au géant du recrutement de maintenir son chiffre d'affaires et d'enregistrer une progression significative de son bénéfice net.
Des résultats trimestriels robustes malgré les défis mondiaux
Pour la période d'octobre à décembre, Adecco a annoncé un bénéfice net en hausse de 21%, atteignant 88 millions d'euros. Son chiffre d'affaires s'est quant à lui accru de 1%, pour s'établir à 5,9 milliards d'euros, conformément aux attentes des analystes interrogés par l'agence suisse AWP.
Denis Machuel, directeur général du groupe, a souligné que les entreprises « naviguent à travers l'incertitude » et optent actuellement davantage pour le travail temporaire que pour le recrutement permanent. Ce climat, influencé par les questions géopolitiques et les droits de douane, semble « là pour rester », selon ses déclarations.
La croissance organique témoigne d'une dynamique positive
La croissance organique ajustée du nombre de jours ouvrables, un indicateur clé pour évaluer le rythme des embauches, a progressé de 4%. Les revenus du placement de personnel flexible ont augmenté de 4%, tandis que les services de transition de carrière ont enregistré une hausse de 2%. En revanche, le placement permanent a reculé de 2%, un repli toutefois moins marqué que lors des trimestres précédents.
Le marché français montre des signes encourageants
En France, premier marché du groupe, les revenus de l'enseigne Adecco ont légèrement reculé de 2%. Denis Machuel observe néanmoins « des signes de stabilisation » et note une « bonne traction » dans plusieurs secteurs clés.
Si le secteur de la logistique a freiné les performances au quatrième trimestre, l'industrie, le bâtiment, l'aérospatiale, la défense et l'automobile affichent une dynamique positive. Cette tendance contraste avec le recul enregistré dans le placement permanent, reflétant la prudence des entreprises face à l'environnement économique incertain.
L'Amérique du Nord et le mouvement de relocalisation
En Amérique du Nord, les revenus d'Adecco ont bondi de 23%, portés par la demande émanant des secteurs des biens de consommation, de l'alimentation et de l'automobile. Denis Machuel relève également un mouvement de relocalisation aux États-Unis et en Europe, où de nombreuses entreprises annoncent d'importants investissements.
« Cela va prendre du temps avant de se déployer », estime-t-il, tout en soulignant que la pandémie de Covid-19 et les tensions géopolitiques mettent les chaînes d'approvisionnement « à l'épreuve ». La volonté de se rapprocher des clients, de réduire l'impact des droits de douane et d'accroître la résilience des chaînes d'approvisionnement motive cette tendance.
Bilan annuel et perspectives concurrentielles
Pour l'ensemble de l'exercice 2025, le bénéfice du géant du placement de personnel s'est replié de 3% par rapport à l'année précédente, à 295 millions d'euros. Son chiffre d'affaires est resté quasi-stable à 23 milliards d'euros.
Sur les marchés financiers, l'action d'Adecco perdait une partie de ses gains initiaux, s'adjugeant 0,19% à 20,68 francs suisses, tandis que le SPI, l'indice élargi de la Bourse suisse, s'appréciait de 0,24%.
Cette performance intervient dans un contexte où son concurrent américain Manpower a également fait état d'une hausse de 2% de sa croissance organique au quatrième trimestre. Jonas Prising, directeur général de Manpower, a expliqué que son groupe « ne parle pas encore d'une reprise générale » mais observe une « claire amélioration » d'indicateurs clés, notamment aux États-Unis et en France.



