Le discounter textile néerlandais Zeeman, connu pour ses vêtements à bas prix, subit de plein fouet la flambée des prix des carburants. Selon un rapport interne consulté par nos confrères, la fréquentation de ses magasins a chuté de 12% au premier trimestre 2026 par rapport à la même période l'an dernier. Cette baisse s'explique principalement par la réduction des déplacements en voiture de ses clients, majoritairement situés en zones rurales et périurbaines.
Un modèle économique fragilisé
Zeeman, qui compte plus de 1 300 magasins en Europe, dont 300 en France, repose sur un modèle de vente en magasin avec des prix très compétitifs. La hausse des prix des carburants, qui a atteint 2,10 euros le litre en moyenne en France, incite les consommateurs à limiter leurs trajets et à privilégier les achats en ligne ou les grandes surfaces proches de leur domicile.
Des conséquences sur les résultats
Le groupe a déjà revu à la baisse ses prévisions de croissance pour 2026. Le chiffre d'affaires devrait stagner, voire reculer de 2% si la tendance se poursuit. Les marges, déjà faibles dans le secteur du discount textile, sont également sous pression. Zeeman envisage de fermer une vingtaine de magasins peu rentables en France et en Belgique.
Par ailleurs, l'entreprise cherche à diversifier ses canaux de vente en développant son site e-commerce, mais celui-ci ne représente encore que 5% des ventes totales. La concurrence des géants comme Kiabi ou Action, qui proposent également des prix très bas, se renforce.
Une tendance de fond
Cette situation n'est pas propre à Zeeman. L'ensemble du secteur du discount textile est affecté par la baisse du pouvoir d'achat et la hausse des coûts de transport. Selon une étude de l'Institut français de la mode, les ventes de vêtements à bas prix ont reculé de 3% en France au premier trimestre 2026.
Pour Zeeman, l'avenir passe par une optimisation logistique et une réduction des coûts. Le groupe mise également sur une clientèle fidèle, attachée aux prix bas et à la qualité perçue de ses produits. Mais la flambée des carburants pourrait bien être le grain de sable qui enraye la machine bien huilée du discounter.



