Dans le Var, le préfet Simon Babre a lancé une campagne de "name and shame" (nommer et faire honte) contre les commerces qui ne respectent pas les règles d'hygiène. Sur le réseau social Facebook, il publie les noms et les communes des établissements épinglés, ainsi que les détails des manquements constatés par les fonctionnaires de la direction de la protection des populations.
Des détails choquants
Les publications de la préfecture ne lésinent pas sur les descriptions. Pour un restaurant de Sanary-sur-Mer, on peut lire : "État de saleté résiduelle des locaux, préparations souillées, toilettes donnant directement sur la zone de production avec des excréments de souris, décongélation à température ambiante des produits". Ce type de publication intervient à quelques semaines du début de l'été, une période cruciale pour le tourisme.
Réactions contrastées
Cette stratégie, inspirée des pratiques anglo-saxonnes, suscite des réactions partagées. Certains internautes saluent l'initiative : "Heureusement qu'on a un préfet qui fait son job", se félicite Justine. D'autres, comme Sarah, s'inquiètent : "Non, c'est une bien triste nouvelle. Je mange dans ce restaurant toutes les semaines et je n'ai jamais été malade, j'espère qu'ils pourront rouvrir."
Fermetures administratives
À chaque publication, une fermeture administrative est prononcée. En avril, une boulangerie de La Seyne-sur-Mer a été ciblée, et un salon de coiffure à Fréjus a écopé de trois mois de fermeture pour travail dissimulé. Cependant, certains établissements se remettent rapidement aux normes. Le préfet les félicite alors publiquement sur Facebook, comme pour une boulangerie de La Crau : "Lors de leur inspection, les agents ont constaté la remise en conformité de l'établissement." Le gérant a réagi sans rancune : "Nous poursuivons donc notre activité avec sérieux et engagement."
Cette politique de transparence vise à protéger les consommateurs et à inciter les commerçants à respecter les normes d'hygiène, mais elle divise l'opinion publique.



