Taxe e-commerce : l'aéroport de Vatry supprime 17 postes
Taxe e-commerce : aéroport de Vatry supprime 17 postes

Depuis le 1er mars 2026, la taxe sur les petits colis importés frappe de plein fouet l'aéroport de Paris-Vatry (Marne), entraînant une chute brutale de son activité de fret. En moins de dix semaines, le volume de fret a chuté de 65 %, passant de 2 000 tonnes en janvier à seulement 800 tonnes. Cette situation a contraint la direction à annoncer un plan de licenciement économique, supprimant 17 postes sur les 97 salariés.

Une taxe aux conséquences désastreuses

Jean-Marc Roze, président (DVD) du conseil départemental de la Marne, dénonce une situation absurde. « Cette taxe fout tout par terre, les palettes de petits colis de Shein ou Temu transitent désormais par la Belgique pour l'éviter. Ensuite on rallonge les trajets en camion, on vient polluer les routes, c'est complètement fou ! » s'indigne l'élu. L'aéroport, avec sa piste XXL capable d'accueillir des Boeing 777 ou des Airbus de l'OTAN, pourrait traiter jusqu'à 150 000 tonnes par an. « Et même à 50 000 tonnes, on vivrait sans aucune subvention », rappelle Jean-Marc Roze.

Un plan social pour limiter la casse

Faute d'activité, la direction a annoncé un plan de licenciement économique. Sur les 97 salariés, dix-sept vont perdre leur emploi en juin : neuf CDI, cinq fins de période d'essai et trois contrats d'apprentissage. Il s'agit d'agents de maîtrise, de cadres ou d'employés. « Nous souhaitions mettre en place du chômage partiel mais cela nous a été refusé », explique Jean-Marc Roze avec amertume. Le coup est d'autant plus dur que l'aéroport avait réembauché fin 2025 pour absorber la croissance prévue du fret. Pour survivre, le site va devoir réduire la voilure dès le mois de juin : fermeture le dimanche et fin des opérations à 19 heures en semaine.

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Un espoir au plus haut sommet de l'État

L'espoir repose sur une intervention au plus haut sommet de l'État. Interpellé lors de son passage au Camp militaire de Suippes, le 30 avril dernier, le président Emmanuel Macron a promis un soutien. « Il m'a dit qu'il allait m'aider, qu'il n'allait pas laisser tomber Vatry. Il y a urgence, mais j'ai confiance en lui », confie Jean-Marc Roze, qui espère susciter l'intérêt d'Aéroports de Paris (ADP) pour rediriger du fret vers la Marne.

Un outil stratégique menacé

En attendant, le courrier envoyé au Premier ministre Sébastien Lecornu reste sans réponse concrète. « On nous dit qu'il faut montrer l'exemple avec cette taxe, mais on pénalise les familles françaises qui commandent. Et ça a un impact sur l'aéroport, c'est un outil stratégique. Ce serait dommage de le fermer alors que dans 5 ans, il sera indispensable vu l'explosion des volumes dans les aéroports parisiens », conclut le président du département.

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