La 'stretchflation' : la nouvelle technique trompeuse des industriels pour augmenter les prix
Stretchflation : la nouvelle arnaque des industriels sur les prix

La 'stretchflation' : une nouvelle méthode trompeuse pour masquer les hausses de prix

Après la 'shrinkflation' et la 'cheapflation', voici venue l'ère de la 'stretchflation'. Ce concept, révélé par l'association de défense des consommateurs Foodwatch dans les colonnes du Parisien, représente une évolution inquiétante des stratégies commerciales. Alors que les deux premiers phénomènes concernaient respectivement une réduction de la quantité ou une baisse de la qualité des produits, la stretchflation opère différemment : elle consiste à augmenter le volume d'un article tout en relevant son prix de manière disproportionnée.

Des formules marketing trompeuses

Les mentions 'nouveau format', 'format plus généreux' ou 'plus de biscuits' fleurissent sur les emballages, créant l'illusion d'une meilleure affaire pour le consommateur. En réalité, ces annonces cachent une vérité moins reluisante : le prix au kilo ou au litre s'envole, parfois de façon spectaculaire. Audrey Morice, représentante de Foodwatch, dénonce cette pratique : 'Alors que l'inflation alimentaire s'est largement calmée depuis deux ans, la stretchflation n'est qu'une nouvelle façon de masquer des hausses de prix au profit des industriels.'

Elle précise : 'Cette pratique n'est pas illégale, mais elle est clairement abusive, puisque l'industriel joue avec des zones grises de la réglementation, permettant d'induire le consommateur en erreur.' Foodwatch a minutieusement analysé cinq produits pour illustrer ce phénomène, révélant des écarts significatifs entre l'augmentation des quantités et celle des prix.

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Des exemples concrets et édifiants

L'analyse de Foodwatch met en lumière plusieurs cas flagrants :

  • Pour les panés soja, en un peu plus de deux ans, le volume a progressé de 15 % tandis que le prix évoluait de plus de 21 %.
  • Concernant les cornichons Kühne, la quantité n'a été relevée que de 2,7 % alors que le tarif a bondi de près de 28 %.
  • Les Mikado, dont le format a augmenté de 11,1 %, ont connu une évolution du prix au kilo de 18,2 %.

Face à ces révélations, le groupe Nestlé, concerné par les panés soja, se défend en affirmant que 'cette évolution a été clairement portée à la connaissance des consommateurs, via la mention 'Plus généreuse' apposée sur l'emballage'. La multinationale renvoie également la responsabilité aux enseignes de distribution : 'S'agissant du prix, nous avons vendu cette référence à nos clients distributeurs avec son nouveau grammage au même tarif au kilo que précédemment.'

Un manque de transparence généralisé

Foodwatch, qui critique le manque de transparence tant des industriels que des distributeurs, leur demande fermement de 'cesser ces pratiques'. L'association souligne que ces manœuvres profitent d'un flou réglementaire, exploitant des failles pour tromper les consommateurs sur la véritable valeur des produits.

En 2024, la France a pris une mesure importante pour améliorer l'information des consommateurs : depuis mi-2024, une obligation d'affichage en rayon a été mise en place. Cette réglementation vise à informer clairement les acheteurs lorsque la quantité d'un produit diminue sans baisse de prix correspondante. Cependant, cette mesure ne couvre pas encore explicitement les cas de stretchflation, laissant une zone d'ombre que certains acteurs continuent d'exploiter.

La stretchflation représente donc un nouveau défi pour la protection des consommateurs, nécessitant une vigilance accrue et potentiellement des ajustements réglementaires pour garantir une transparence totale sur les étiquettes et en rayon.

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