Odysséa Bayonne : un défi pour Corinne, en rémission
Le dimanche 15 mai 2022, Corinne, 49 ans, a pris le départ de la course Odysséa à Bayonne, un événement dédié à la recherche et à la lutte contre le cancer du sein. En rémission depuis quelques mois, elle se préparait pour ce qu'elle qualifiait de « challenge ». Un article publié à l'époque retrace son témoignage.
Un parcours marqué par la maladie
Les cinq kilomètres de la course Odysséa représentaient un véritable défi pour Corinne. Elle était en rémission depuis quelques mois, mais elle précisait : « Le cancer n'est plus là, je n'ai plus de traitement, mais on ne sait pas s'il ne reviendra pas. » Pour prononcer le mot « guérison », il lui faudrait encore attendre plusieurs années. Elle avait repris le travail à temps partiel en janvier 2022, après avoir traversé un long parcours : diagnostic, chimiothérapie, ablation partielle puis totale, radiothérapie et chimio orale.
La découverte et le choc du diagnostic
La découverte d'une boule « conséquente » dans son sein remontait à février 2020. « Je ne comprends même pas comment je ne l'ai pas senti avant », confiait-elle. Son cancer, de stade 3, était de type agressif. « L'attente du résultat est tellement longue, c'est peut-être le plus dur. » À cela s'ajoutait la pandémie mondiale, avec le confinement à la maison, trois enfants à scolariser et un conjoint en télétravail. La colère pointait : ne pas pouvoir être accompagnée aux séances de chimiothérapie, ne pas voir ses proches. « Les infirmières, même si elles étaient très gentilles, ne pouvaient pas rester avec moi, évidemment », se souvenait-elle.
Le rôle salvateur de la marche
Aujourd'hui, si ces épisodes douloureux sont derrière elle, Corinne a perdu de sa sérénité. « Avant j'étais invincible », disait-elle en souriant. Une pratique l'a beaucoup aidée : la marche. « J'ai suivi un conseil de mon frère, qui a aussi eu un cancer, et j'ai marché tout le temps, même si j'étais épuisée, même pour quelques minutes, même si j'étais nauséeuse. » Cette activité était une respiration essentielle pour supporter les traitements.
Le jour de la course
Dimanche, elle espérait courir cinq kilomètres. « Jusque-là, je n'ai réussi à en faire que 3 ou 4 donc on va voir », confiait-elle. Elle connaissait bien Odysséa et la Biarrose pour les avoir déjà courues par le passé, en soutien à des amies touchées par la maladie. Elle repensait à une phrase souvent entendue, voulue rassurante mais « très dure » : « le cancer du sein se soigne bien. » Certes, mais il faut y passer, cela dépend du stade et du type de cancer.
Des conseils pour les autres
Au début du diagnostic, Corinne avait cherché des témoignages et des statistiques sur Internet. « Cela peut aider mais ça peut aussi nous enfoncer », analysait-elle avec recul. Elle avait appris à modérer cette recherche pour ne pas être « entraînée vers le bas ». Son conseil : « ne pas hésiter à poser des questions » et se faire accompagner aux rendez-vous. « On n'est pas trop de deux pour comprendre tout ce qu'on se prend dans la tête. »



