Sorti exsangue de deux années de crise, le marché de la maison individuelle reprend enfin des couleurs. La réintégration des maisons individuelles neuves dans le prêt à taux zéro (PTZ) constitue le principal moteur de cette reprise. Touché de plein fouet par la hausse des coûts de construction consécutive au déclenchement de la guerre en Ukraine, le secteur de la construction individuelle a beaucoup souffert en 2023 et 2024. Mais aujourd’hui, au Pays basque, dans les Landes et comme dans le reste de la France, la plupart des constructeurs retrouvent le sourire.
Une progression spectaculaire des ventes
Le pôle habitat de la Fédération française du bâtiment ne recense pas moins de 67 800 ventes de maisons individuelles neuves en France en 2025, soit une progression de 33,5 % sur un an. « Nous devrions atteindre entre 75 000 et 80 000 ventes de maisons en 2026 », assurait même son président Grégory Monod, à l’occasion de la dernière conférence de presse de sa fédération.
Le PTZ, moteur de la reprise
Avec près d’un tiers des ventes de maisons individuelles financées en 2025 par un prêt à taux zéro (PTZ), la réforme récente de ce dispositif destiné à accompagner les primo-accédants semble porter ses fruits. Depuis le 1er avril 2025, le PTZ a en effet été étendu à tous les logements neufs, qu’il s’agisse d’un projet en habitat collectif ou individuel, sur l’ensemble du territoire français, quelle que soit la commune.
Responsable commercial de Maisons MCA pour les Landes et les Pyrénées-Atlantiques, Jean-Philippe Villenave veut croire à une reprise durable, mettant en avant la force commerciale de sa société qui s’est restructurée en profondeur pour surmonter la tempête : « Notre chiffre d’affaires et le nombre de ventes sont repartis à la hausse en 2025 et tout porte à croire que cette dynamique va se poursuivre, se réjouit-il. Nos ventes réalisées au premier trimestre 2026 sont déjà supérieures de 17 % à celles du premier trimestre 2025 ».
Des prix ajustés au budget des acquéreurs
Le PTZ et la résilience des constructeurs qui ont tenu bon pendant la crise n’expliquent pas tout. Dans un contexte marqué par le retour des primo-accédants, les constructeurs ont su adapter leur offre aux capacités financières des ménages. En réduisant éventuellement de quelques mètres carrés la surface moyenne des projets et, surtout, en se recentrant sur des territoires où le foncier et les coûts de construction sont plus accessibles.
À titre d’exemple, quand le coût de construction d’une maison oscille entre 2 000 et 2 400 euros/m² au Pays basque, il s’établit à 1 800 euros/m² en moyenne dans les Landes, en raison de la nature des sols. En ce qui concerne le foncier, quand un terrain de 500 m² se vend autour de 60 000 euros en Chalosse, 100 000 euros à Dax ou 150 000 euros à Urt ou Larressore, on ne trouve rien à moins de 200 000 euros sur le littoral basco-landais. In fine, pour une même maison de 100 m² bâtie sur un terrain de 500 m², le prix total peut varier du simple au double entre l’intérieur, dans les terres, et le littoral, de 250 000 euros tout compris du côté de Peyrehorade ou Dax à plus de 450 000 euros à Anglet ou Labenne. « Le marché Sud Aquitaine dispose de secteurs très disparates qui nous permettent de jouer pour rester dans l’enveloppe financière des acquéreurs », confirme Jean-Philippe Villenave, qui déconseille pour cela d’acheter un terrain sans avoir rencontré au préalable un constructeur.



