Lindt absent d'Intermarché : les chocolats de luxe déréférencés après des négociations tendues
Lindt absent d'Intermarché : chocolats déréférencés

Lindt bientôt introuvable chez Intermarché : les conséquences des négociations commerciales 2026

Les négociations commerciales annuelles entre Intermarché et ses fournisseurs se sont conclues sur une prévision de prix « quasi stables » pour l'année 2026, comme l'a annoncé lundi Thierry Cotillard, patron du Groupement Mousquetaires/Intermarché, dans un entretien exclusif avec l'AFP. Cependant, cette stabilité globale masque des changements significatifs dans les rayons, avec le déréférencement de certaines marques, notamment dans le secteur du chocolat de luxe.

Des prix globalement stables mais des ajustements par catégorie

Les négociations, qui se sont déroulées du 1er décembre au dimanche à minuit, sont décrites par Thierry Cotillard comme « globalement positives pour le pouvoir d’achat ». Les prix des produits de grande consommation devraient afficher une inflation modérée, comprise entre 0 et 1 % selon les catégories. Cette relative stabilité est le résultat d'accords conclus avec près de 5 000 fournisseurs, dans un contexte d'inflation modérée et malgré des tensions persistantes.

Du côté des baisses de prix, plusieurs produits bénéficieront de réductions significatives :

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram
  • Les pâtes, les céréales et les conserves de légumes
  • Le sucre et la farine
  • Des produits d'hygiène comme les shampoings et les lessives

Le café devrait également connaître une baisse pouvant atteindre 5 %, en lien avec la diminution des cours mondiaux. En revanche, les consommateurs devront s'attendre à des hausses sur le bœuf et la volaille, reflétant les pressions sur les coûts de production.

Lindt et d'autres marques absentes des rayons

Le point le plus marquant de ces négociations concerne le déréférencement de certaines marques de chocolat, dont le célèbre chocolatier suisse Lindt. Thierry Cotillard a expliqué s'être « heurté à un mur » face à des demandes de hausse de prix à deux chiffres, allant de 15 à 25 %, de la part de grandes multinationales du cacao. Bien qu'il n'ait pas nommé explicitement les entreprises concernées, cette situation fait écho aux critiques ouvertes de Michel-Edouard Leclerc contre Lindt en février dernier.

Pour les clients d'Intermarché et de Netto, cela signifie que les produits de ces marques seront temporairement absents des rayons. Thierry Cotillard assure que cette absence pourrait durer jusqu'en mars 2027, le temps de proposer des alternatives auprès de fournisseurs de petite et moyenne taille, offrant selon lui des chocolats « aussi bons et tout aussi excellents ».

Un contexte de négociations tendues malgré les efforts d'apaisement

Cette année, les négociations ont été particulièrement difficiles, malgré la signature préalable d'une charte de bonne conduite et une volonté affichée d'apaisement. Les tensions ont culminé avec le boycott par le lobby de la grande distribution (FCD) d'une réunion à Bercy fin février, suite aux propos de la ministre de l'Agriculture Annie Genevard dénonçant un « chantage mortifère » exercé sur les agro-industriels.

Ces développements soulignent les défis persistants dans les relations entre la grande distribution et ses fournisseurs, avec des répercussions directes sur la disponibilité des produits pour les consommateurs. La situation de Lindt, déjà absente des rayons Leclerc, illustre comment les exigences commerciales peuvent conduire à des changements significatifs dans l'offre disponible.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale