Intermarché annonce une stabilité des prix pour 2024 avec quelques exceptions notables
Les consommateurs français peuvent s'attendre à une quasi-stabilité des prix des produits de grande consommation dans les magasins Intermarché cette année. Cette annonce émane de Thierry Cotillard, le patron du Groupement Mousquetaires/Intermarché, au lendemain de la clôture des négociations commerciales annuelles. Ces discussions, qui se sont déroulées du 1er décembre jusqu'à minuit dimanche, sont décrites comme « globalement positives pour le pouvoir d'achat » par le dirigeant.
Des baisses significatives dans plusieurs catégories
Selon Thierry Cotillard, l'inflation devrait se situer entre 0 et 1 % selon les catégories de produits. Il met en avant des « baisses significatives » sur plusieurs articles essentiels :
- Les pâtes et les céréales
- Les conserves de légumes
- Le sucre et la farine
- Des produits d'hygiène comme les shampoings et les lessives
Le café devrait également bénéficier d'une réduction de prix pouvant atteindre 5 %, une diminution qui s'aligne sur la baisse des cours mondiaux du café. Le groupement, qui négocie avec pas moins de 5 000 fournisseurs, a réussi à obtenir ces conditions favorables pour les consommateurs.
Hausses sur la viande et absence de certaines marques
Cependant, la situation n'est pas uniformément positive. Thierry Cotillard indique que les prix du bœuf et de la volaille vont augmenter. Plus préoccupant pour les amateurs de douceurs, des marques de chocolat seront absentes des rayons d'Intermarché et de Netto.
Le patron explique : « On s'est vraiment heurté à un mur cette année de la part de certaines grandes marques multinationales du cacao, qui ont continué à faire des demandes de hausse à deux chiffres. » Il évoque des augmentations demandées de 15 à 25 %, sans nommer les deux industriels avec lesquels les accords n'ont pas été signés.
Cette situation rappelle les critiques ouvertes formulées mi-février par Michel-Édouard Leclerc, président du comité stratégique des centres E. Leclerc, à l'encontre du chocolatier suisse Lindt.
Des alternatives proposées aux consommateurs
Pour les clients d'Intermarché, cette impasse signifie qu'ils ne trouveront pas ces produits pendant un certain temps. Thierry Cotillard assure : « On proposera aux consommateurs de découvrir des chocolats aussi bons, tout aussi excellents chez des fournisseurs qui sont de petite et de moyenne taille. » Cette approche vise à mettre en valeur des producteurs locaux et à diversifier l'offre.
Des négociations toujours tendues malgré les efforts d'apaisement
Cette année encore, les négociations commerciales ont été marquées par des tensions, malgré la volonté d'apaisement affichée par les parties prenantes. Celles-ci avaient pourtant signé une charte de bonne conduite en amont et bénéficiaient d'un contexte d'inflation modérée.
Les relations entre la grande distribution et les pouvoirs publics ont également été mouvementées. Le lobby de la grande distribution (FCD) a ainsi boycotté une réunion dédiée à Bercy fin février. Cette décision faisait suite aux propos de la ministre de l'Agriculture Annie Genevard, qui avait dénoncé le « chantage mortifère » exercé sur les agro-industriels par certaines enseignes menaçant de déréférencer des marques en l'absence d'accord.
Ces éléments illustrent la complexité des relations commerciales dans le secteur de la grande consommation, où les enjeux de pouvoir d'achat, de qualité des produits et de relations avec les fournisseurs restent au cœur des préoccupations.



