Une ruée sur les carburants malgré des prix en forte hausse
Dans un contexte de tensions géopolitiques au Moyen-Orient, les automobilistes français semblent pris d'une véritable frénésie à la pompe. Dominique Schelcher, le PDG de Coopérative U, a déclaré ce jeudi 5 mars 2026 que "on double la fréquentation dans les stations essence" depuis la fin de la semaine dernière. Cette ruée intervient paradoxalement alors que les prix des carburants connaissent une augmentation significative, le litre de SP95-E10 atteignant désormais en moyenne 1,78 euro, soit une hausse de 7 centimes depuis le 27 février.
L'État pointé du doigt comme le "grand gagnant"
Interrogé par franceinfo, Dominique Schelcher n'a pas mâché ses mots en désignant l'État comme le principal bénéficiaire de cette situation. "L'État est le grand gagnant de la hausse des prix du carburant", a-t-il affirmé, précisant que plus de 51% du prix payé à la pompe correspond directement à des taxes. Selon lui, cette proportion écrasante montre que "l'essentiel du prix du carburant, ce n'est pas les marges des distributeurs, mais les taxes".
Une réunion gouvernementale pour calmer les esprits
Face à cette flambée des prix et à l'afflux de clients dans les stations-service, le gouvernement a décidé d'agir. Le ministère de l'Économie a convoqué ce jeudi une réunion avec les principaux distributeurs de carburant. L'objectif annoncé est de "s'assurer" qu'ils ne pratiqueront pas de hausses exagérées par rapport à l'évolution des cours du pétrole brut. Dominique Schelcher, invité à cette rencontre, a indiqué qu'il comptait rappeler que les distributeurs "subissent comme les clients la situation actuelle".
Pas de risque de pénurie selon le ministre
Malgré les craintes exprimées par certains automobilistes, le ministre Roland Lescure a tenté de rassurer la population. Dès mercredi, il avait appelé à "garder son sang-froid", affirmant catégoriquement qu'"il n'y aura pas de pénurie nationale". Cette déclaration vise à apaiser les inquiétudes liées à la ruée observée dans les stations, où certains clients semblent anticiper des difficultés d'approvisionnement.
Le contexte international expliquant la hausse
L'augmentation des prix trouve son origine dans les tensions internationales. Les premières frappes israélo-américaines en Iran, survenues fin février, ont créé une instabilité sur les marchés pétroliers. Cette situation géopolitique tendue au Moyen-Orient a directement impacté les cours, se répercutant rapidement sur les prix à la pompe en France. Les distributeurs, comme les consommateurs, se retrouvent pris dans cette spirale haussière dont les conséquences se font sentir au quotidien.



