Un contrôle minutieux des prix à la pompe
Ce mardi 10 mars, les agents de la Direction départementale de la protection des populations (DDPP) de la Gironde ont mené une opération de contrôle dans une station-service Esso située sur la rocade A630 à Bruges, près de Bordeaux. Florent Maury, chef du service de la protection économique du consommateur, a vérifié scrupuleusement les prix affichés sur le totem à l'entrée du site.
La vérification en plusieurs étapes
Florent Maury explique la méthodologie employée : « Je vérifie d'abord que les prix affichés correspondent à ceux annoncés sur le site gouvernemental prix-carburants.gouv.fr. Ensuite, je contrôle les prix directement à la pompe, puis ceux inscrits sur les tickets de caisse. »
Les carburants affichaient ce jour-là des tarifs précis : SP95-E10 à 1,853 €/litre, SP98 à 1,943 €/l, Supreme Gazole à 2,100 €/l, Gazole à 2,020 €/l et GPL à 0,963 €/l. Une attention particulière a été portée au sans plomb 98, qui n'apparaît pas sur le site officiel mais qui est annoncé sur le totem.
Un contexte particulier
La situation présentait une particularité intéressante : la station-service contrôlée faisait face à une autre station Esso de l'autre côté de la rocade. Deux établissements de la même compagnie affichant des tarifs différents - en toute légalité - ce qui a créé un moment de confusion pour les agents de contrôle, d'autant plus que les médias étaient présents pour couvrir l'opération.
Franck Martin, directeur adjoint de la DDPP 33, précise : « Nous ne sommes pas là pour contrôler la réalité ou le bien-fondé du prix du carburant, mais pour vérifier la loyauté de l'information délivrée au consommateur. »
Une opération gouvernementale d'envergure
Ce contrôle constitue le 12e opéré depuis le lundi 9 mars en Gironde par la DDPP 33. Il s'inscrit dans le cadre d'une vaste opération nationale ordonnée par le gouvernement, avec 500 contrôles prévus dans tout l'Hexagone jusqu'au mercredi 11 mars inclus.
Objectif : prévenir les abus
Cette opération exceptionnelle vise à traquer les éventuels abus que pourraient pratiquer certains distributeurs peu scrupuleux, profitant du contexte de flambée des prix des produits pétroliers liée aux conflits au Moyen-Orient.
Florent Maury souligne : « En réalité, nous ne sommes pas là pour contrôler le bien-fondé du prix du carburant. Nous sommes dans un État où l'application des prix est libre, donc chaque distributeur applique la marge qu'il souhaite. »
La transparence au cœur des préoccupations
« Nous sommes là pour garantir la transparence de l'information au consommateur, poursuit Florent Maury. Dans un contexte où le prix à la pompe a flambé, certains usagers vont chercher sur prix-carburants.gouv.fr l'endroit où il est le moins cher. Ils font parfois des kilomètres pour y accéder. Il ne faut pas que, quand ils arrivent, l'information qui les a conduits ici ne soit pas en adéquation avec ce qu'ils vont réellement payer. »
Des contrôles réguliers
Les services de l'État effectuent plus d'un millier de contrôles similaires par an. En 2025, en France, 1 342 établissements ont été « ciblés », et 24 % d'entre eux présentaient une anomalie.
Franck Martin explique la sélection : « Généralement, on va dans des stations-service qui ont fait l'objet d'un signalement par les usagers, sur SignalConso ou sur prix-carburants.gouv.fr. Ou bien on s'oriente vers des établissements dont les prix affichés sont hors moyenne ou qui n'ont pas bougé depuis plusieurs jours sur le site officiel. »
Obligations des distributeurs
En période d'importantes fluctuations, les distributeurs sont tenus de mettre à jour en temps et en heure les prix qu'ils pratiquent. Dans la station contrôlée à Bruges, les tarifs avaient été mis à jour à 9h31, puis remis à jour à 12h01, respectant ainsi cette obligation.
Sanctions en cas d'anomalie
En cas d'anomalie concernant la loyauté de l'information, les conséquences peuvent varier. Franck Martin indique : « Pour la grande majorité des anomalies identifiées l'an passé, on procède à un simple rappel à la réglementation. Pour 6 % d'entre elles, on émet soit un avertissement avec injonction de se remettre en conformité, soit des mesures coercitives quand les manquements administratifs sont constatés. »
Les sanctions peuvent aller jusqu'à 300 euros d'amende pour une personne physique et 15 000 euros pour une personne morale.
Dans le cas précis de cette station-service de Bruges, la conclusion a été sans appel : « Il n'y a pas tromperie du consommateur. Ni distorsion de concurrence. » Le gérant a pu respirer, et les consommateurs peuvent avoir confiance dans la transparence des informations tarifaires qui leur sont délivrées.



