Dépenses fantômes : le gaspillage silencieux qui pèse sur le budget des Français
Une étude du comparateur Lesfurets.com dévoile un phénomène préoccupant : les Français perdent en moyenne 81 euros par mois en conservant des abonnements qu'ils n'utilisent plus. Ces dépenses dites « fantômes » s'ajoutent aux dépenses contraintes, déjà en hausse de 43 euros cette année pour atteindre 1 186 euros mensuels.
Le piège des paiements mensuels discrets
Cédric Ménager, directeur général des Furets, explique le mécanisme : « Les services ont tendance à être de plus en plus sous forme d'assurance ou d'abonnement mensuels, là où l'on avait avant des souscriptions annuelles. » Le piège réside dans la discrétion de ces factures : « Quand on voit un abonnement à 5 ou 20 euros sur son relevé, on va moins le remarquer qu'un montant de 150 à 200 euros pour un abonnement annuel. »
2,6 abonnements inutiles en moyenne par foyer
L'étude identifie que les Français ont en moyenne 2,6 abonnements superflus. Les principaux coupables sont :
- Les abonnements aux salles de sport
- Les assurances des moyens de paiement
- Les extensions de garantie
13% des Français interrogés reconnaissent souscrire à des services qu'ils n'utilisent plus, un chiffre qui monte à 40% chez les 18-24 ans.
Le témoignage édifiant d'Irène
Irène, une contribuable, illustre parfaitement le phénomène : « J'ai réalisé en déménageant il y a un an que je dépensais presque 110 euros par mois en dépenses fantômes : abonnement Orange bleu mensuel largement pas amorti, Disney+ que je ne regardais pas, carte Fnac/Darty, deux médias que je ne consultais pas. » Malgré sa prise de conscience, elle avoue : « Quand j'ai fait le tri, j'ai remis à plus tard pour Disney+ et la Fnac. Je jure que je suis toujours abonnée ! »
Les trois raisons de la non-résiliation
L'étude liste les principaux freins à la suppression de ces abonnements inutiles :
- Les contraintes contractuelles (32% des cas)
- La précaution (41% pensent que le service pourrait servir un jour)
- La « flemme » administrative (30%)
Des solutions simples pour réaliser des économies
Cédric Ménager propose des pistes concrètes : « Il faut dire aux gens que ça ne prend que très peu de temps de faire un check du relevé bancaire pour identifier les abonnements mensuels. » Pour les assurances et l'énergie notamment, « il faut savoir qu'on peut résilier son abonnement quand on veut au-delà de la première année. »
Le directeur insiste sur une simplification récente : « Pour ceux qui ont une phobie administrative, sachez qu'on n'a plus besoin de faire la résiliation de son ancienne assurance ou abonnement. C'est le nouvel assureur ou opérateur qui va s'en occuper. » Il recommande naturellement d'utiliser les comparateurs et de faire jouer la concurrence pour optimiser ses dépenses.
Alors que le pouvoir d'achat reste une préoccupation majeure des ménages français, cette étude rappelle qu'un contrôle régulier des abonnements peut permettre des économies substantielles sans sacrifier son confort de vie. La chasse aux dépenses fantômes s'impose comme un réflexe économique essentiel en période d'inflation persistante.



