Le gouvernement français renforce la surveillance des prix à la pompe
Le gouvernement français intensifie considérablement sa surveillance des prix du carburant et prévoit des sanctions sévères pour les stations-service qui affichent des pratiques jugées abusives. Le ministre du Commerce, Serge Papin, a annoncé mardi que près de 6% des stations-service contrôlées dans le cadre du plan gouvernemental allaient faire l'objet de sanctions.
Un plan de contrôle exceptionnel
« Le Premier ministre avait lancé 500 contrôles. Nous en sommes pratiquement à la moitié. Sur les 231 contrôles effectués à ce jour, il y a eu 6% de procès-verbaux, donc de sanctions », a précisé Serge Papin lors d'une intervention sur TF1. Cette opération fait suite à l'annonce dimanche par Sébastien Lecornu d'« un plan exceptionnel de 500 contrôles » menés par la répression des fraudes (DGCCRF) pour prévenir les « hausses abusives des prix à la pompe ».
Des pratiques trompeuses dénoncées
Le ministre a également dénoncé certaines pratiques trompeuses observées dans le secteur. « Certaines stations avancent masquées », a-t-il expliqué, citant des exemples où « des prix indiqués sur le site internet à 1,95€ sur le gazole par exemple, et quand on arrive à la station, c'est 2,10€, donc ce n'est pas normal ». Le bilan définitif de cette vaste opération de contrôle sera rendu public mercredi prochain.
Une flambée historique des prix
Cette intensification des contrôles intervient dans un contexte de hausse spectaculaire des prix du carburant. Le gazole a franchi lundi la barre symbolique des 2€ le litre en France hexagonale, selon une moyenne calculée à partir des données de quelque 9 400 stations-service transmises au gouvernement. Il s'agit d'un seuil inédit depuis l'été 2022.
Depuis le 27 février, veille des premières frappes israélo-américaines sur l'Iran, le gazole, qui reste le carburant routier le plus consommé dans le pays, a connu une augmentation de 28 centimes au litre en France hexagonale. Cette hausse représente un bond impressionnant de 16% en seulement quelques semaines.
Des réactions politiques contrastées
Plusieurs partis politiques se sont émus ces derniers jours de cette envolée des prix, appelant à des mesures d'urgence pour soulager le pouvoir d'achat des Français. Cependant, la porte-parole du gouvernement et ministre déléguée à l'Énergie, Maud Brégeon, a estimé lundi qu'« il est trop tôt » pour évoquer de nouvelles aides à l'achat de carburant.
Cette position gouvernementale contraste avec les demandes pressantes de l'opposition et des organisations de consommateurs, qui réclament une intervention plus forte face à cette crise des prix qui touche particulièrement les ménages les plus modestes et les professionnels dépendants du transport routier.



