Montpellier : les épiceries de nuit réclament la suspension de l'arrêté municipal
Montpellier : les épiceries de nuit contre l'arrêté municipal

Montpellier : les épiceries de nuit réclament la suspension de l'arrêté municipal

Trois représentants d'épiceries de nuit ont demandé ce mardi au tribunal administratif de suspendre l'arrêté municipal qui ordonne la fermeture de ces établissements du jeudi soir 22 heures au lundi matin pendant toute l'année dans le centre-ville de Montpellier. La décision sera rendue ce mercredi, après une audience où les arguments des commerçants et de la Ville se sont affrontés.

Une perte économique jugée critique

Pour l'avocate des épiciers, Me Sophie Mazas, "ce qui pose problème ce n'est pas que toute vente d'alcool soit interdite mais l'interdiction de travailler quatre soirs par semaine". Selon elle, ses trois clients, implantés près de la gare et rue de l'Aiguillerie, ont perdu environ 35% de leur chiffre d'affaires depuis la mise en œuvre de l'arrêté, mettant en péril leur équilibre financier. "L'activité n'est plus économiquement viable. Se pose la question de l'impact sur les salariés", a-t-elle plaidé, soulignant que chaque société emploie trois personnes.

La Ville justifie sa décision par des nuisances

En réponse, la Ville de Montpellier, représentée par Me Jean-Philippe Meneau, a défendu son arrêté en mettant en avant une hausse des doléances. Les signalements sur la plateforme Montpellier au quotidien ont augmenté de 525% en 2025, totalisant 42 plaintes, et 58 interventions pour infractions diverses ont été recensées. "Les choses se sont aggravées entre 2022 et 2026, le secteur concerné a été adapté aux endroits où il y a de la nuisance", a-t-il affirmé, insistant sur le caractère proportionné de la mesure.

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Les épiciers rejettent les accusations

Les commerçants contestent être associés à des activités illicites comme le narcotrafic. Leur avocate a souligné qu'ils n'ont reçu aucune plainte de leur voisinage et entretiennent de bonnes relations. Un groupe WhatsApp rassemble désormais 87 épiciers de nuit, unis contre cette décision. "Ce n'est pas en tapant sur ces petits travailleurs que Montpellier va mettre en place une politique de sécurité", a insisté Me Mazas.

Un impact immédiat sur les commerces

Ammar, l'un des requérants, a déclaré : "Cet arrêté me tue clairement. Nous, on est pénalisés parce qu'on vit de ce qu'on vend". De son côté, l'adjoint à la sécurité, Sébastien Cote, a rétorqué que les épiciers ne parviennent pas à démontrer l'ampleur de leurs pertes, tandis que des citoyens soutiennent l'arrêté. La Ville estime que 70 commerces sont concernés, soit près de la moitié des épiceries de nuit de Montpellier.

Le juge des référés doit rendre son ordonnance ce mercredi, déterminant si l'arrêté sera suspendu en attendant un examen plus approfondi. Cette affaire met en lumière les tensions entre la régulation municipale et la survie économique des petits commerces de nuit.

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