Disparition d'une figure emblématique du commerce périgourdin
Maria Mandel, affectueusement surnommée Mireille par tous, s'est éteinte mardi 24 février à l'âge de 89 ans. Cette personnalité marquante des boulevards et du commerce local à Périgueux laisse un vide considérable dans le cœur des Périgourdins.
Un parcours de vie marqué par la tragédie et la résilience
Née à Czerwinsk nad Wisla, près de Varsovie en Pologne, la jeune Maria a vécu l'occupation allemande pendant la Seconde Guerre mondiale. Parmi les 425 Juifs qui habitaient son village, elle fut la seule survivante. Ses parents furent fusillés, tandis que son frère et sa sœur périrent abandonnés. Recueillie par une famille courageuse, elle dut son salut au fils de celle-ci, reconnu par la suite comme Juste parmi les Nations pour son héroïsme.
Grâce à des recherches approfondies, Maria parvint à retrouver son oncle et sa tante installés à Périgueux. Elle y arriva à l'âge de 12 ans en 1949, marquant le début d'une nouvelle vie dans la capitale du Périgord. C'est dans cette ville qu'elle rencontra Théo Mandel, qu'elle épousa en 1960.
L'aventure commerciale du couple Mandel
Leur carrière commerciale débuta modestement par la vente de vêtements sur les marchés de Périgueux, Bergerac, Saint-Astier, Ribérac et même Brive. Théo ouvrit son premier magasin pour hommes au 7, cours Montaigne en 1967. Pendant que son mari continuait à parcourir les marchés, Maria tenait avec détermination le commerce familial.
Puis, en 1972, elle franchit un nouveau cap en ouvrant Gusse, une boutique de prêt-à-porter pour femmes située de l'autre côté des boulevards, à l'emplacement où se trouve désormais le magasin Théo. Pendant plus de trois décennies, jusqu'en 2004, elle habilla des générations entières de Périgourdines avec élégance et discernement.
Une commerçante visionnaire et généreuse
Maria Mandel possédait un sens aigu de la mode, anticipant souvent les tendances avant même qu'elles n'émergent. Son talent pour conseiller ses clientes était incomparable, transformant progressivement nombre d'entre elles en véritables amies. Les Périgourdins se souviennent avec émotion de la chaleur de son accueil, de sa générosité légendaire et de son dynamisme communicatif.
Ces qualités humaines exceptionnelles continuèrent à rayonner dans la ville même après la fermeture de Gusse, remplacé par des franchises. On la rencontrait fréquemment dans les rues de Périgueux, où il faisait toujours plaisir de partager un moment avec cette femme au parcours extraordinaire.
Ses obsèques seront célébrées ce vendredi 27 février, à 11 heures au cimetière Saint-Augûtre de Coulounieix-Chamiers, rassemblant sans doute une foule nombreuse venue rendre hommage à cette figure incontournable de la vie périgourdine.



