Leroy Merlin franchit enfin l'ultime étape administrative à Saint-Georges-des-Coteaux
Le long feuilleton administratif touche peut-être à sa fin. Réunie ce jeudi 19 février, la Commission nationale d'aménagement commercial (CNAC) a finalement donné un avis favorable au projet de magasin Leroy Merlin dans la zone du Parc Atlantique à Saint-Georges-des-Coteaux. Cette décision confirme l'avis positif déjà émis par la commission départementale le 19 décembre dernier.
Des modifications substantielles pour convaincre les autorités
Le revirement de la CNAC s'explique par les importantes modifications apportées par l'enseigne de bricolage depuis son premier avis défavorable du 13 novembre 2025. Leroy Merlin a notamment transformé son projet de drive en un « espace pro » destiné exclusivement aux entreprises et aux artisans. Parallèlement, la surface de stationnement a été significativement réduite de 1 154 mètres carrés, répondant ainsi aux principales critiques formulées par les autorités compétentes.
Sur la façade du futur magasin, une banderole annonce depuis plusieurs semaines : « Encore quelques coups de pinceau avant l'ouverture ». Un message qui semble désormais pouvoir se concrétiser, même si la date précise d'ouverture n'est pas encore fixée.
Un soulagement pour le maire, des réserves persistantes
« Je suis soulagé », confie Frédéric Rouan, le maire de Saint-Georges-des-Coteaux, qui a personnellement défendu le dossier à Paris. Le député PS de Saintes, Fabrice Barusseau, représenté par son assistant parlementaire, a quant à lui souligné les efforts environnementaux de l'enseigne, tout en reconnaissant ne pas être « un grand fan du modèle de Leroy Merlin ».
Le député explique avoir été sollicité par les dirigeants de l'entreprise pour « apaiser » la relation avec la CNAC. « Il fallait rattraper les bourdes de communication commises par l'exécutif de l'Agglomération. Évidemment, les membres de la CNAC, qui sont des élus, l'ont très mal pris. C'est dans le respect que l'on peut avoir des résultats, pas dans l'invective », précise-t-il.
L'épineuse question des recours et des positions politiques
Malgré cet avis favorable, le feuilleton n'est pas totalement terminé. Deux concurrents directs, Bricomarché et Mr.Bricolage, ont déposé un nouveau recours, et un possible pourvoi en cassation reste envisageable. Cependant, l'ouverture du magasin est désormais juridiquement possible.
Bruno Drapron, le maire de Saintes, maintient quant à lui ses positions critiques. « Je ne regrette absolument pas ce que j'ai dit », réagit-il, faisant référence à son coup de gueule médiatisé contre les « technocrates » de la CNAC. Retenu à Saintes par la gestion des crues, il n'a pu assister à la réunion mais a fait valoir un argument de circonstance : le territoire aura besoin des magasins de bricolage pour la reconstruction après les inondations. Reste à savoir si cet argument a réellement influencé la décision finale de la commission.
Le projet de Leroy Merlin à Saint-Georges-des-Coteaux illustre ainsi les complexités de l'aménagement commercial en France, où les considérations économiques, environnementales et politiques s'entremêlent constamment, nécessitant souvent des adaptations significatives des projets initiaux.



