La fermeture de Jules à Agen : un coup dur pour le commerce local
La boutique Jules, implantée au 44, boulevard de la République à Agen, annonce sa fermeture définitive prévue pour le 30 juin prochain. Cette décision, prise par le siège de l'entreprise, met directement en péril deux emplois au sein du magasin. La gérante Delphine Compain-Meteraud, informée de cette nouvelle à la mi-janvier, attend encore de connaître les modalités précises de cette fermeture.
Une décision stratégique qui inquiète les habitués
« C'est tout neuf », explique Delphine Compain-Meteraud, qui cogère l'établissement avec une associée et emploie une unique vendeuse. Si elle reconnaît que cette fermeture répond à une « logique économique », elle nuance immédiatement : « Jules n'est pas une entreprise en danger : il s'agit d'une décision stratégique. »
Cette annonce suscite l'émotion parmi la clientèle locale. « C'est désespérant », commente une passante néracaise habituée à y faire ses emplettes de Noël. « On a besoin de ces commerces de centre-ville, car ce sont les seuls de proximité. On ne va pas faire trois kilomètres avec nos sacs de courses », s'insurge-t-elle.
Le débat sur la vitalité commerciale du centre-ville
Une habitante du boulevard, elle-même commerçante, exprime son attristement : « Je comprends l'importance économique de faire travailler le commerce local ». Elle pointe du doigt la piétonnisation du centre-ville qui, « bien que jolie, rend difficile le stationnement et met en péril la vie des magasins qui y sont implantés ».
Sophie Baz, directrice de l'Agence de commerce d'Agen, conteste cette analyse : « Du trafic, on en a en centre-ville ». Elle s'appuie sur les chiffres de l'application MyTraffic, développée par la Ville et la Chambre de commerce et d'industrie, qui indiquent une hausse de 4% de la fréquentation entre 2024 et 2025. « Et puis, cette partie du boulevard de la République n'est pas piétonne », précise-t-elle, tout en reconnaissant les défis liés au stationnement.
Supprimer un doublon pour privilégier la rentabilité
La gérante de Jules explique que cette fermeture « vise à supprimer un doublon ». Elle constate que la rentabilité de son commerce a régressé depuis son ouverture en 2004. La boutique de Boé, « implantée dans une zone commerciale plus accessible, plus fréquentée et plus rentable que le centre-ville », bénéficiera de cette fermeture stratégique.
La recherche d'un repreneur et le contexte difficile du textile
Quatre mois avant la fermeture, aucun repreneur n'a encore été trouvé pour le local. « On cherche encore un porteur de projets », indique l'Agence de commerce, qui précise avoir « des candidats intéressés, mais encore personne de ciblé ».
Sophie Baz analyse que la cause de ce départ « concerne davantage la baisse du secteur de prêt-à-porter » que la piétonnisation. Avec la fermeture récente d'Okaïdi en mémoire, elle souligne « la conjoncture actuelle compliquée des grands groupes textiles, qui préfèrent fermer avant de mettre à mal leur magasin ».
Deux licenciements inévitables
Delphine Compain-Meteraud est catégorique quant au sort des salariés : « Les deux CDI qui sont employés ici seront licenciés, car l'entreprise ne peut pas les reclasser. » Aucun document officiel n'a encore communiqué les modalités précises de cette fermeture, mais l'issue semble inéluctable pour les deux employés concernés.
Cette fermeture s'inscrit dans un contexte plus large de recomposition du paysage commercial agenais, où plusieurs enseignes ont récemment déménagé ou fermé leurs portes, posant la question de l'avenir du commerce de centre-ville face aux zones commerciales périphériques.



