Breil-sur-Roya : le traiteur Doumé tire sa révérence après 30 ans de dévouement au commerce local
Breil-sur-Roya : Doumé, traiteur emblématique, prend sa retraite

Breil-sur-Roya : Doumé, figure incontournable du commerce, tourne la page

À Breil-sur-Roya, dans les Alpes-Maritimes, une page de l'histoire commerciale se tourne. Dominique Taranto, plus connu sous le surnom de Doumé, a annoncé la fermeture de son traiteur Chez Doumé après plus de trente ans d'activité. Ce Breillois pur souche, fils et petit-fils de boulangers, a dédié sa vie au commerce local et cherche aujourd'hui un repreneur pour insuffler une nouvelle dynamique au cœur du village.

Une vie derrière le comptoir, du pain aux tourtes

« Au village, tout le monde le connaît ! » lance un habitué. Dominique Taranto a débuté en 1989 avec sa femme, ouvrant une boulangerie rue Pasteur. « Il fallait donner du pain à Breil », se souvient-il, évoquant des années sans un seul jour de fermeture. Formé comme cuisinier, il a ensuite évolué vers la traiteur, perpétuant des recettes ultra-locales comme la tourte de courges, emblème du village.

Pour retrouver les saveurs d'antan, Doumé a puisé dans les archives familiales : « J'ai retrouvé des vieux livres de recettes, on les a traduits du Breillois. Mais tout a changé : les farines, les huiles, les techniques... On ne peut plus refaire les recettes comme avant. » Malgré cela, sa clientèle reste fidèle, attirée par l'authenticité et le lien social qu'il incarne.

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Le pilier après la tempête Alex

Le visage de Breil a changé au fil des décennies. « Avant, il y avait du monde partout, tous les jours. Le centre du village était un lieu de vie », raconte Doumé. Puis l'exode s'est amorcé : « Les gens sont partis vivre en face, là où il y a le soleil. Petit à petit le cœur du village s'est vidé. »

Le coup de grâce est venu en 2020 avec la tempête Alex, qui a dévasté la vallée, suivie de la pandémie de Covid. « Après la tempête, c'était terrible. Il n'y avait plus rien, plus de commerce », se remémore le traiteur. L'eau est montée au-dessus de la porte de son futur local. Mais Doumé a choisi de résister. Avec un collègue, il a rouvert un tabac et son traiteur, devenant l'un des premiers commerces à redémarrer.

« Il y avait le côté économique, mais ça nous a aussi permis de rester soudés. Ici, les commerces nous permettent d'entretenir le lien social », explique-t-il, interrompu à chaque instant par des « bonjour ! » et « tu vas bien ? » lancés aux passants. Pour Jean-Marie, un client, Doumé a été une lanterne de chaleur pendant les années post-tempête.

Un constat amer et un appel à la relève

Aujourd'hui, le constat reste amer. « Le problème c'est que l'on a l'Italie juste à côté et que les grandes surfaces s'installent. On ne peut pas lutter », déplore Doumé. Les hôtels et campings ont disparu après la tempête, et les visiteurs de passage ne s'arrêtent plus. Seuls le Café des Alpins et Chez Doumé résistent encore.

À soixante ans passés, Doumé, également ancien président et coach de l'équipe de foot de Breil, sent que l'heure de la retraite a sonné. « J'ai voué ma vie au commerce à Breil », résume-t-il, sans regret mais avec lucidité. Pour Pâques, il a fermé pour la première fois depuis ses seize ans, un symbole fort.

Sa priorité désormais : trouver un repreneur. « J'ai une petite touche. On verra bien si le bouchon finira par couler », sourit-il, prudent. La mission est de taille : redonner vie au centre de Breil-sur-Roya, préserver ce lien social si cher à Doumé et perpétuer la tradition des saveurs locales.

Comme le souligne Alexis, un père de famille installé depuis dix ans : « On en profite jusqu'au bout. » La page se tourne, mais l'héritage de Doumé, fait de résilience et de passion pour le commerce de proximité, demeure un exemple pour la Roya.

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