Pétrole à 118 dollars : les marchés plongent face au risque inflationniste mondial
Pétrole à 118 dollars : les marchés plongent, inflation en vue

Flambée historique du pétrole au-dessus des 100 dollars

Le dixième jour du conflit au Moyen-Orient a été marqué par une envolée spectaculaire des cours du pétrole, le baril de Brent de la mer du Nord atteignant brièvement les 118 dollars. Cette hausse historique, la plus violente jamais enregistrée sur une période aussi courte, dépasse même les mouvements observés lors de l'invasion de l'Ukraine par la Russie en 2022.

Des records battus sur les marchés énergétiques

Vers 08h25, le baril de Brent, référence mondiale, grimpait de 16,18% à 107,69 dollars, après avoir flambé de plus de 28% plus tôt dans la journée. Le West Texas Intermediate (WTI), référence américaine, s'envolait quant à lui de 14,02% à 103,64 dollars, avec un bond initial dépassant les 31%. Cette augmentation de 70% en quelques jours constitue un phénomène sans précédent.

Le gaz naturel n'est pas en reste : la référence européenne TTF néerlandais progressait de 13,49% à 60,58 euros le mégawattheure, après une hausse initiale de 30% à l'ouverture des marchés. Bien que significative, cette envolée reste toutefois éloignée des niveaux records atteints en 2022.

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Les marchés boursiers dans le rouge

Les places financières européennes ont ouvert en nette baisse lundi, directement impactées par cette flambée des prix énergétiques. La Bourse de Paris perdait 2,54%, Francfort 2,40% et Milan 2,19%. Londres résistait légèrement mieux avec une baisse de 1,65%, soutenue par les performances des grandes compagnies pétrolières.

En Asie, les indices ont également plongé : le Nikkei japonais a terminé en repli de 5,19%, tandis que le Kospi sud-coréen chutait de 5,96%. Ces économies sont particulièrement vulnérables, la Corée du Sud et le Japon figurant parmi les plus gros importateurs mondiaux de brut.

Les causes géopolitiques de la crise

Cette situation explosive résulte directement des tensions au Moyen-Orient, où le détroit d'Ormuz - voie de transit cruciale pour environ 20% de l'offre mondiale de pétrole et de gaz naturel liquéfié - reste quasi-paralysé. De nouvelles frappes contre des infrastructures énergétiques clés dans le Golfe ont entraîné des fermetures d'installations de production.

L'Iran a lancé lundi ses premières salves de missiles et de drones vers Israël et ses voisins depuis la succession à la tête du pays. « Ce choix suggère que l'Iran ne reculera pas face aux États-Unis, ce qui implique une guerre potentiellement prolongée dans une région abritant 50% des réserves mondiales de pétrole », analyse Ipek Ozkardeskaya de Swissquote.

Conséquences économiques et réponses politiques

Les craintes d'une nouvelle vague inflationniste font grimper les taux d'intérêt des dettes d'État. Le rendement de l'emprunt français à 10 ans évoluait à 3,60% contre 3,51% précédemment, tandis que son équivalent britannique s'établissait à 4,76% et l'italien à 3,73%.

Face à cette crise, le recours aux réserves stratégiques de pétrole est désormais « une option envisagée » qui sera discutée par les ministres des Finances du G7. Une libération conjointe de 300 à 400 millions de barils est évoquée, ce qui compenserait deux à trois semaines de flux normal transitant par le détroit d'Ormuz.

Donald Trump a quant à lui justifié ces sacrifices économiques au nom de la sécurité mondiale, déclarant sur Truth Social que priver l'Iran de l'arme nucléaire représentait un « tout petit prix à payer pour la paix et la sécurité des États-Unis et du monde ».

Les marchés restent suspendus aux développements géopolitiques, tandis que les investisseurs s'interrogent sur le retour des pressions inflationnistes et leurs conséquences économiques, particulièrement pour les pays européens fortement dépendants des importations d'hydrocarbures.

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