L'Europe boursière attire les investisseurs avec une croissance stable et des secteurs prometteurs
L'Europe boursière attire les investisseurs avec une croissance stable

Le Vieux Continent séduit à nouveau les investisseurs mondiaux

Après des années de domination écrasante des marchés américains, un mouvement significatif se dessine parmi les investisseurs internationaux. De plus en plus d'entre eux envisagent sérieusement de diversifier leurs portefeuilles en dehors de Wall Street, du dollar, de la technologie américaine et de l'influence politique de Donald Trump. Dans ce contexte de rééquilibrage, l'Europe dispose d'atouts considérables pour capter ces flux de capitaux, d'autant que les indicateurs économiques sont particulièrement favorables pour la zone euro.

Un alignement exceptionnel des conditions économiques

"Nous sommes face à un alignement des planètes assez rare", affirme Raphaël Thuin, directeur des stratégies de marchés de capitaux chez Tikehau Capital. Cet environnement propice commence par des fondamentaux macroéconomiques solides en zone euro, avec une croissance attendue stable et une inflation désormais maîtrisée après les turbulences des années précédentes.

Laurent Chaudeurge, membre du comité d'investissement de BDL Capital Management, complète ce tableau optimiste : "L'économie va également bénéficier de la mise en œuvre du plan de relance allemand voté en septembre, dont les dépenses n'ont commencé à être engagées qu'en octobre dernier." Cette injection de capitaux dans la première économie européenne devrait avoir des effets positifs en cascade sur toute la région.

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Le retour en grâce des marchés actions européens

François-Xavier Chauchat, économiste et membre du comité d'investissement de Dorval Asset Management, analyse cette évolution : "Le statut de l'Europe comme zone d'investissement s'est renforcé ces dernières années avec une accélération notable en 2025." L'indice MSCI Europe a ainsi progressé de près de 20% sur l'année 2025, témoignant de cet regain d'intérêt.

Cependant, les professionnels du secteur tempèrent cet enthousiasme par une réalité incontournable : les actions européennes ne sont plus aussi bon marché qu'il y a un an, ayant déjà rattrapé une partie importante de leur retard historique. Pour poursuivre leur progression, les valeurs cotées en Europe doivent désormais démontrer leur capacité à augmenter leurs profits de manière significative.

Des perspectives de croissance des bénéfices encourageantes

Laurent Chaudeurge détaille les attentes du marché : "Cela fait trois ans que nous n'avons pas vu de croissance des bénéfices en Europe et nous en attendons 7 à 8% cette année." Cette hypothèse, qualifiée de raisonnablement optimiste, devrait s'accompagner d'un taux de distribution de dividendes de 3 à 4%, permettant potentiellement une performance globale des marchés européens de l'ordre de 10 à 12%.

Cette moyenne masque cependant d'importantes disparités sectorielles, ce qui laisse encore aux gérants de portefeuille la possibilité d'identifier des sociétés sous-évaluées présentant un fort potentiel de revalorisation.

Les secteurs porteurs pour 2026

L'année 2025 a été marquée par la performance exceptionnelle de trois secteurs en particulier :

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  • La finance : Les banques européennes, après quinze années de restructuration et d'amélioration de leurs bilans, reviennent de très loin selon Raphaël Thuin. Bien que leur potentiel de performance soit moindre que l'an dernier, il demeure attractif pour les investisseurs.
  • La défense : Très prisée en 2025, ce secteur pourrait poursuivre sa trajectoire haussière en raison de la volonté croissante des pays européens d'accéder à une autonomie stratégique. "Nous faisons le pari de la souveraineté", indique Raphaël Thuin, soulignant que l'Union européenne a pris conscience de ses fragilités et souhaite investir massivement.
  • Les transports : Ce secteur a également bénéficié de la reprise économique et des plans de relance infrastructurels.

Une diversification sectorielle en cours

François-Xavier Chauchat observe une évolution structurelle des marchés européens : "Jusqu'à récemment, nous avions un marché à deux vitesses car l'Europe boursière était surtout vue comme une zone où il fallait acheter les multinationales. Mais, depuis quelque temps, les valeurs domestiques se portent mieux, notamment en raison de la dynamique Internet."

Le secteur de la construction bénéficie quant à lui des grands projets d'infrastructures et du plan de relance européen Next Generation EU, créant des opportunités d'investissement dans des entreprises plus ancrées dans l'économie locale.

Le retour en grâce de secteurs malmenés

Après une année difficile, le secteur de la santé revient dans les radars des gérants. Les valorisations se situent désormais à des niveaux très bas, inconnus depuis dix ou quinze ans, ce qui signifie que les mauvaises nouvelles semblent déjà intégrées dans les cours. François-Xavier Chauchat explique cette réévaluation : "Nous revenons sur ce secteur car les aléas nous semblent moins forts et la prime de risque devrait se réduire."

Parallèlement, les valeurs dites de qualité - correspondant aux entreprises en croissance offrant une bonne visibilité dans leur génération de revenus - affichent désormais des prix plus attractifs après une période d'excès de valorisation.

Les défis à venir pour 2026

La principale inconnue pour l'année 2026 réside dans le comportement des petites et moyennes capitalisations. Cet ensemble hétérogène recouvre des sociétés de qualité diverse qu'il faut donc appréhender avec discernement et sélectivité. Cependant, l'afflux de capitaux vers l'Europe devrait principalement bénéficier aux profils les plus solides et aux entreprises démontrant une réelle capacité à générer de la croissance et de la rentabilité.

Les professionnels s'attendent globalement à une meilleure participation des différents secteurs à la progression des cours boursiers, marquant ainsi la fin du marché à deux vitesses qui caractérisait jusqu'alors la place financière européenne.