L'avenue des millionnaires de Londres cache la fortune du nouveau Guide suprême iranien
Fortune cachée du Guide suprême iranien dans l'avenue des millionnaires

L'avenue des millionnaires de Londres abrite la fortune cachée du nouveau Guide suprême iranien

L'avenue Bishops, surnommée l'avenue des millionnaires, se situe dans le nord de Londres. Elle dessert un ensemble de manoirs bordés d'arbres et protégés par des portails blindés. Selon une longue enquête de Bloomberg publiée en janvier, la dernière maison de cette rue appartiendrait à Mojtaba Khamenei, âgé de 56 ans. Il a été élu la semaine dernière nouveau Guide suprême de l'Iran, suite au décès de son père Ali Khamenei dans les bombardements israélo-américains.

Un vaste empire immobilier dissimulé à travers le monde

Cette propriété ne représenterait qu'une partie infime d'un vaste ensemble. Celui-ci comprendrait d'autres résidences londoniennes, une douzaine au total. Parmi elles, un appartement se trouve à un jet de pierre de l'ambassade israélienne. L'empire s'étend également à Dubaï, avec des hôtels de luxe à Francfort ou à Majorque, et des comptes bancaires en Suisse. Des biens à Paris et Toronto auraient été vendus ces dernières années.

Le nom de Mojtaba Khamenei n'apparaît jamais dans les titres de propriété. Ces documents ont fait l'objet de montages financiers extrêmement complexes. Ces montages démontrent comment l'élite iranienne a réussi à échapper aux sanctions occidentales. Ils exploitent les failles du système financier mondial, notamment le laxisme des registres des bénéficiaires effectifs des sociétés.

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Le rôle crucial d'Ali Ansari, l'oligarque prête-nom

Au cœur de ces manœuvres opaques revient le nom d'un homme d'affaires influent : Ali Ansari. Âgé de 57 ans, cet oligarque a bâti sa fortune dans l'immobilier et la banque. Il possède notamment l'un des plus vastes centres commerciaux du monde, le somptueux Iran Mall, doté de piscines intérieures. Ansari a également été le directeur de la banque Ayandeh. Sa faillite en 2025, sur fond de suspicions de corruption, a provoqué une colère immense parmi les Iraniens.

Agissant en prête-nom, Ansari aurait été chargé par Mojtaba Khamenei d'investir les revenus issus de la vente du pétrole iranien. Cela s'est fait via une multitude de sociétés écran basées dans les Caraïbes, sur l'île de Man ou dans les Émirats Arabes Unis. Ce sont ces entités qui détiennent officiellement les propriétés suspectées d'appartenir en réalité à Mojtaba Khamenei.

Des sanctions britanniques et une fortune colossale

La fortune du magnat a commencé à s'effriter en octobre 2025. Une enquête du magazine britannique Private Eye a révélé son financement du Corps des gardiens de la révolution. En réponse, le gouvernement britannique a mis en place une série de sanctions sévères. Ali Ansari est aujourd'hui interdit de voyage au Royaume-Uni et ses avoirs ont été gelés.

Son amitié avec Mojtaba Khamenei remonterait à leurs années sous les drapeaux, durant la guerre Iran-Irak à la fin des années 1980. Rien que pour ses propriétés londoniennes, l'empire immobilier du nouvel homme fort de l'Iran est évalué à plus de 115 millions d'euros. Une maison est notamment estimée à 39 millions d'euros.

Une telle fortune tranche radicalement avec l'image pieuse renvoyée par le nouveau maître de l'Iran. Elle offre un contraste saisissant avec la crise économique profonde traversée par le pays avant même l'intervention militaire israélo-américaine. Cette situation avait débouché sur de grandes manifestations populaires, réprimées dans le sang par les autorités.

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