Dans un milieu où l'exubérance est parfois la norme, Wout Faes ferait presque office d'exception. Discret et heureux de l'être, le défenseur central belge de l'AS Monaco (28 ans) est décrit comme un leader né, fédérateur et rassembleur, mais loin des projecteurs des réseaux sociaux.
Un parcours construit sur la stabilité familiale
Interroger ceux qui l'ont façonné permet de comprendre comment le garçon s'est construit. Pas vraiment prédestiné à se retrouver sur le pré, il a pu s'appuyer sur un socle familial stable. « Son papa n'était pas joueur pro et disait que les enfants pourraient faire ce qu'ils veulent », plante son agent. « Wout a toujours eu le soutien de ses parents, qui l'ont accompagné sans pousser de manière agressive. »
Entre une maman dans l'enseignement et un papa dans le nucléaire, rien ne poussait le fiston vers le ballon rond. Originaire de la ville de Mol, au nord-est de la Belgique, Faes a capitalisé sur de belles qualités en y alliant le goût de l'effort.
Ostende, la voie secondaire
« Il était assez reconnu chez les jeunes avec la troisième place au mondial U17 (2015) », poursuit son représentant. « Mais il n'a jamais été comme Youri Tielemans, il a dû travailler un peu plus. Quand Anderlecht (2012-2018) l'a laissé partir, on a cherché la meilleure étape pour lui et on a choisi Ostende. »
Lors du mondial U17 au Chili, Faes et ses coéquipiers ont joué les outsiders et sont repartis bronzés. La compétition marquante d'une génération guidée par un jeune taulier aux cheveux déjà frisés. « Ce n'était pas forcément le meilleur au niveau technique mais c'était un défenseur solide et investi », se souvient David Van Rentergem, entraîneur adjoint des jeunes Belges. « Il avait une vraie prestance et savait fédérer. »
Un leader naturel
Le sélectionneur Bob Browaeys ne met pas longtemps à lui donner un brassard qu'il portait déjà en club. « Il y a une action qu'on montre encore aux jeunes joueurs », image David Van Rentergem, aujourd'hui en poste en Afrique. « Wout était monté sur corner avant de faire un sprint de 80 mètres pour récupérer le ballon sur la contre-attaque. C'était vraiment un exemple. Même son concurrent, il va l'aider comme si c'était un frère. »
D'une maturité bluffante, l'actuel joueur de l'ASM est le parfait relais de ses entraîneurs. Quand il débarque à Ostende en 2018 après deux prêts aux Pays-Bas, il n'a que 20 ans mais s'adapte vite pour franchir un cap. « Il était différent des jeunes un peu foufous qu'on croise à leur début », valide William Dutoit, ex-gardien et coéquipier (2018-2020). « Il était posé, discipliné dans sa façon de procéder. Toujours à l'heure, appliqué sur sa récup... Il a très vite été capitaine. »
De Reims à Monaco, une progression constante
Transféré au Stade de Reims pour prendre un peu plus d'épaisseur, avant de faire le grand saut vers Leicester et la Premier League en 2022, Faes a continué d'impressionner. « Wout a dû s'adapter à l'aspect athlétique de la Ligue 1 mais il a vite compris comment faire », relate David Guion, son coach dans la Marne. « Il a tout le temps cherché à s'améliorer, à avancer. Il était bon sur l'anticipation, la première relance... Un peu comme il fait actuellement avec Monaco. Il faisait l'unanimité. »
Des critiques injustifiées
Ça n'a pas toujours été le cas : international belge depuis 2022, Faes s'est parfois raté avec les Diables et les critiques lui sont tombées sur le coin de la nuque. « Je trouve ça trop facile », lance William Dutoit. « L'opinion est assez dure avec lui, même en France. J'ai entendu un chroniqueur dire qu'il était catastrophique, je trouve ça honteux. S'il joue dans tous les clubs où il passe c'est qu'il y a une raison... Il mérite tout le respect. »
« On l'a un peu sali gratuitement », appuie Van Rentergem. En attendant de savoir si Rudi Garcia comptera sur lui pour le mondial, il a acquis l'estime de son coach Sébastien Pocognoli. « Il a apporté beaucoup d'ingrédients qui nous manquaient. C'est une pièce importante de notre puzzle. »
Une valeur sûre en Principauté
Installé en Principauté avec sa femme et son fils, celui qu'on a souvent taquiné pour sa ressemblance avec David Luiz est devenu une valeur sûre de l'ASM mais reste discret. « La météo est meilleure qu'à Leicester, c'est vrai, mais il n'a pas changé de style de vie », sourit son agent. « Il aurait pu être ministre ou travailler à l'usine, ça aurait été la même personne. » Et un joueur qui ne serait pas contre une aventure prolongée en rouge et blanc.



