La renaissance d'une boulangerie artisanale à Montagrier
Il y a quatre ans, un couple entreprenant a redonné vie à la seule boulangerie de Montagrier, un village de 500 habitants en Dordogne. Julie et Alexandre Commagnac ont réhabilité ce commerce fermé depuis quinze ans, avec le soutien crucial de la commune et de la Région Nouvelle-Aquitaine. Leur aventure a débuté le 26 février 2021, avec l'ouverture du Fournil agrésien au 2, place du Puits.
Un retour aux sources après l'expérience canadienne
Ironie du sort, Montagrier est jumelée avec Lanoraie au Québec depuis 2007. « C'était un signe », confie Alexandre Commagnac. Le couple a en effet vécu et travaillé deux ans au Canada, d'abord à Montréal où Alexandre a pratiqué la boulangerie française, puis à Vancouver où il a découvert les goûts américains. « Là-bas, on fait des gros gâteaux avec beaucoup trop de sucre ! », s'exclame-t-il.
En 2020, face au dilemme de renouveler leur visa de travail ou de monter un projet en France, ils ont choisi de revenir au pays. « On voulait retourner au pays, être avec nos proches », explique le boulanger.
Un soutien communal déterminant
Dès le début, les Commagnac ont bénéficié du soutien actif de la commune de Montagrier. Le maire Francis Lafaye (divers droite) a immédiatement saisi l'opportunité : « Ça a été vite ! », assure-t-il. « La boulangerie, c'est le lieu où tout le monde passe tous les jours, il y a une vie qui se crée autour ».
La municipalité a proposé le bâtiment de l'ancienne boulangerie, nécessitant une réhabilitation complète de 580 000 euros. « Pour quelqu'un qui ne voulait plus lancer de projet dans son mandat, c'est pas mal ! », confie le maire.
L'appui régional pour revitaliser le village
La Région Nouvelle-Aquitaine a également contribué à hauteur de 30 000 euros. Selon Laurence Rouède, vice-présidente du Conseil régional au développement et à l'équité des territoires, l'objectif est clair : « revitaliser les centres des villages. Ici, c'est une belle histoire, très concrète ».
Le Fournil agrésien rayonne au-delà de Montagrier, attirant également les habitants de Saint-Victor et de Grand-Brassac qui font le déplacement pour acheter leur pain.
Une aventure familiale exigeante
Associés à parts égales, Julie et Alexandre doivent aussi gérer leur vie de famille. « On a eu deux bébés en un an, c'est difficile de jongler avec les deux », explique l'artisan. Le premier est né en novembre 2020, le second en novembre 2021, alors que l'affaire venait juste de démarrer.
Mais ces défis n'effraient pas le couple : « On les avait dans le fournil ». « On est plus que content, on est ravi », conclut Alexandre Commagnac, qui ne regrette pas une seconde cette aventure de vie.
Cette initiative illustre parfaitement la revitalisation des centres-bourgs ruraux grâce à l'artisanat et à l'engagement local. Le Fournil agrésien est devenu bien plus qu'une simple boulangerie : un lieu de vie et de rencontre essentiel pour la communauté montagrienne et ses environs.



