Isaure Étienne, couvreuse en Médoc : une femme dans un métier d'hommes
Isaure Étienne, couvreuse en Médoc : une femme dans un métier d'hommes

Isaure Étienne, couvreuse en Médoc : une femme dans un métier d'hommes

Isaure Étienne, jeune femme de vingt-six ans originaire de Saint-Martin-Boulogne dans le Pas-de-Calais, a choisi une voie professionnelle peu commune pour son genre. Titulaire d'un bac S et d'un BTS bâtiment, elle exerce aujourd'hui avec passion et détermination en tant qu'artisane couvreuse indépendante dans la région du Médoc, près de Bordeaux. Il y a un an, elle a fondé sa propre société, LTI – Les Toits d'Isaure, marquant ainsi son entrée officielle dans un univers traditionnellement masculin.

Une vocation familiale et une spécialisation précoce

Son parcours est profondément lié à son histoire familiale. Pendant son BTS, Isaure effectue un stage longue durée dans une entreprise générale de bâtiment. Cette expérience lui permet de découvrir divers corps de métiers, dont l'architecture, le placo, l'ossature bois et la couverture. C'est ce dernier domaine qui la séduit immédiatement, l'incitant à se spécialiser.

En 2016, elle rejoint son père, lui-même charpentier-couvreur, à Bordeaux. Elle travaille d'abord dans la même entreprise que lui pendant plusieurs années. Au-delà du plaisir de retrouver sa famille, Isaure explique son installation dans la région bordelaise par une raison pragmatique : « Les Nordistes étant réputés bosseurs, nous trouvons tout de suite du travail ici ». Cette mobilité géographique a été un atout pour son épanouissement professionnel.

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Les défis du métier : climat, urgence et adaptation

Le métier de couvreur est intrinsèquement lié aux conditions climatiques, ce qui exige une grande capacité d'adaptation. Isaure se souvient notamment des intenses journées de juin 2022, lors des dégâts causés par la grêle : « Trois jours intenses, on travaillait de 6 heures à 22 heures, il fallait courir partout, être partout à la fois, dépanner un maximum de personnes, bâcher le plus rapidement possible, émotionnellement c'était compliqué, avec la détresse des gens… ».

Elle précise que l'activité dépend du nombre d'heures de lumière et des conditions météorologiques : impossible de travailler sous la pluie pour éviter les infiltrations, tandis que le gel augmente les risques de glissades et que l'été, les températures peuvent atteindre 70°C sur les toitures plates. Pendant la mauvaise saison, lorsque les interventions extérieures sont limitées, son activité se recentre sur les diagnostics techniques, l'élaboration de devis et les opérations de maintenance.

Un travail physique et une clientèle grandissante

Au cours de sa première année d'indépendance, Isaure Étienne, qui possède également la certification Velux, est principalement intervenue chez les particuliers pour des travaux de rénovation. Son activité s'est développée grâce au bouche-à-oreille, et elle compte désormais l'élargir en démarchant les professionnels et les constructeurs.

Travaillant seule, elle est capable de prendre en charge des toitures allant jusqu'à 150 m². C'est un travail exigeant physiquement : « Je monte à l'échelle jusqu'à 300 tuiles par paquet de six, soit 15 kg sur l'épaule. Il faut monter les tuiles neuves, descendre les usagées ! ». Elle intervient sur tous types de travaux : réparation, rénovation, création, nettoyage, entretien, recherche de fuites, aussi bien sur toitures traditionnelles que plates, et réalise également des habillages extérieurs comme les bandeaux et les gouttières.

Une femme dans un monde masculin : des réactions positives

Quant au fait d'être une femme dans ce milieu masculin, Isaure constate qu'après un premier effet de surprise, les réactions sont généralement positives : « Les gars sont sympas avec moi, ils n'ont pas d'a priori, et certaines clientes sont très contentes de rencontrer une femme dans ce métier d'homme ». Cette ouverture témoigne d'une évolution progressive des mentalités dans le secteur de l'artisanat.

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Une passion pour les chevaux et la nature

Lorsqu'elle n'est pas sur les toits, Isaure, devenue Ludonnaise d'adoption, se ressource en montant à cheval dans des écuries indépendantes. Cavalière depuis l'âge de 6 ans, elle aime se balader dans la nature et passer du temps avec les chevaux. Elle apprécie également la piscine et les sports de plein air, affirmant : « J'aime passer mon temps à l'extérieur ». Cette passion pour l'extérieur résonne parfaitement avec son métier exigeant et gratifiant.