Declercq Passementiers : 174 ans d'histoire en redressement judiciaire
Declercq Passementiers : 174 ans d'histoire en redressement

Fondée en 1852 au cœur de Paris, la maison Declercq Passementiers, spécialisée dans la confection artisanale de textiles décoratifs, traverse une période difficile. Placée en redressement judiciaire, cette entreprise familiale de sept générations lutte pour sa survie. Elle emploie 22 salariés dans son atelier de Montreuil-aux-Lions, dans l'Aisne.

Un savoir-faire d'exception menacé

Declercq Passementiers est reconnue pour son savoir-faire unique au monde, habillant des lieux prestigieux comme les châteaux de Versailles et de Fontainebleau. L'entreprise fabrique à la main des accessoires d'ornement tels que des rideaux, embrasses, glands et galons, utilisant des fils de soie, lin, coton, or et argent. Malgré un carnet de commandes plein, les difficultés financières s'accumulent.

Les conséquences de la pandémie

La crise du Covid-19 a lourdement impacté l'entreprise. Les ruptures d'approvisionnement en soie de Chine ont paralysé la production pendant six mois en 2020. « Nous avions une grosse commande de fil d'or pour le Louvre que nous ne pouvions pas livrer », explique Jérôme Declercq, PDG. Les problèmes de teinture et les stocks insuffisants ont ensuite entraîné des dettes sociales et fiscales.

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Pour éviter des licenciements, la direction a choisi le redressement judiciaire. L'objectif est de réunir 200 000 euros pour éponger les dettes et retrouver une trésorerie positive. Avec 450 000 à 500 000 euros, l'entreprise pourrait investir dans de nouveaux métiers à tisser et relancer son développement commercial.

Un élan de solidarité

Une cagnotte en ligne, ouverte début mai, a déjà recueilli près de 25 000 euros, grâce à la générosité de 250 donateurs. Le premier palier de 15 000 euros permettra de sauver un métier à tisser le velours unique au monde. Avec 30 000 euros, l'atelier pourra être isolé et décarboné, réduisant les coûts énergétiques.

« Nous sommes surpris mais ravis par ce soutien. Cela montre que les gens ont conscience de l'importance de préserver ces savoir-faire », déclare Jérôme Declercq.

Un devoir de mémoire

Labellisée Entreprise du patrimoine vivant (EPV), Declercq Passementiers conserve des archives remontant à Louis XIV. « Dans les années 1970, il y avait une soixantaine de passementeries rue Étienne-Marcel. Nous avons un devoir de mémoire », souligne le PDG.

L'audience décisive au tribunal de commerce de Paris est prévue le 20 mai 2026. En cas d'échec du plan de continuation, l'entreprise pourrait être vendue. Mais Jérôme Declercq reste confiant : « Il y a de l'avenir, ce n'est pas terminé. Nous transmettrons ce savoir-faire aux générations futures. »

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