Art et artisanat : Bonnie Colin et Choun Vilayleck exposent au showroom Philippe Hurel
Artistes de la galerie Amélie du Chalard investissent Philippe Hurel

Une exposition hors les murs au cœur de Paris

Le showroom Philippe Hurel, situé au 4 ter rue du Bouloi dans le 1er arrondissement de Paris, devient jusqu'au 14 mars un écrin pour l'art contemporain. Le créateur de mobilier d'art a en effet invité deux artistes représentés par la galerie Amélie du Chalard à investir son espace. Cette initiative permet un dialogue inédit entre l'artisanat d'excellence et les pratiques artistiques actuelles.

Bonnie Colin : les nuances végétales de la Loire

La peintre Bonnie Colin, dont l'atelier est implanté au bord de la Loire, puise son inspiration directement dans la végétation environnante. Elle présente dans cette exposition des toiles de grand format qui déclinent une palette subtile de nuances de vert. Ces œuvres, à la fois puissantes et délicates, évoquent la richesse des paysages fluviaux et traduisent une sensibilité particulière aux variations de la lumière naturelle.

Choun Vilayleck : les constellations de papier laotien

De son côté, le plasticien Choun Vilayleck déploie dans l'espace des mobiles aériens aux allures de constellations. Ces structures délicates sont carrossées de fil de fer et recouvertes de papier blanc traditionnel du Laos. Ces œuvres, à la fois légères et complexes, créent un jeu d'ombres et de lumières qui transforme l'espace du showroom. Elles témoignent d'un savoir-faire artisanal exceptionnel et d'une poétique de la matière.

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« Nos reconstructions » d'Anaïs Boudot à la galerie Binome

Parallèlement, jusqu'au 4 avril, la galerie Binome présente l'exposition « Nos reconstructions » de l'artiste plasticienne Anaïs Boudot. Diplômée de l'École nationale supérieure de la photographie, l'artiste explore avec constance les techniques photographiques et leurs possibilités plastiques.

Les Généalogiques : maisons de mémoire

Pour sa série « Les Généalogiques », Anaïs Boudot a construit de petites maisons à partir d'éléments hybrides. Elle combine des vitraux blancs et colorés avec des photographies imprimées sur des plaques négatives selon le procédé historique du tirage argentique sur verre. Ces images représentent des portraits de famille datant des années 1920 à 1950. Les demeures, serties de cuivre et soudées à l'étain, deviennent des symboles multiples : celui de la réparation, du toit protecteur, mais aussi du lieu où se conservent les secrets familiaux.

Les Ouvertures : paysages en transparence

La série « Les Ouvertures » poursuit cette exploration technique. Anaïs Boudot a ici travaillé à partir de vraies fenêtres dont elle a remplacé les vitres par des tirages sur plaques négatives. Ces derniers présentent des images de paysages et d'arbres, créant ainsi une superposition poétique entre l'architecture réelle et les représentations naturelles. Cette démarche interroge notre rapport à l'image, à la mémoire et à la construction de notre environnement visuel.

Ces deux expositions parisiennes, bien que distinctes, témoignent toutes deux d'un intérêt marqué des artistes contemporains pour les techniques traditionnelles, les matériaux nobles et les récits intimes. Elles illustrent comment l'art et l'artisanat continuent de se nourrir mutuellement pour créer des œuvres à la fois sensibles et conceptuelles.

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