Concours Meilleurs Ouvriers de France : 35 coiffeurs s'affrontent à Bordeaux
Ce lundi 16 mars, le centre de formation CMA Formation Belima-Isfora-Insav à Bordeaux a accueilli une compétition d'exception. Trente-cinq professionnels de la coiffure, venus de toute la France, ont participé aux épreuves qualificatives de la classe coiffure de la 28ᵉ session du prestigieux concours Un des meilleurs ouvriers de France. Cette étape décisive précède la finale nationale qui couronnera les meilleurs artisans.
Une ambiance colorée et technique
Dès l'entrée du centre de formation, le décor était planté : valises à roulettes remplies de brosses, de ciseaux et de laques, tandis que les têtes des modèles arboraient un véritable nuancier de couleurs. « On n'avait jamais vu autant de couleurs de cheveux différentes au même endroit », a confié un visiteur émerveillé par ce spectacle visuel unique.
Les candidats étaient répartis entre deux sites : treize à Lille et vingt-deux à Bordeaux. Tous ces professionnels expérimentés espèrent décrocher leur place pour la finale nationale. Une particularité notable de ce concours : tous les candidats qui atteignent le niveau requis peuvent être sélectionnés, et plusieurs d'entre eux pourront ensuite remporter le prestigieux titre lors de la finale ultime.
Une journée d'épreuves sous haute pression
Les candidats n'avaient qu'une seule journée pour convaincre le jury, avec trois épreuves techniques s'enchaînant de 7 à 17 heures :
- Le coiffage cranté bouclé, une réalisation exigeant précision et créativité
- Une coupe homme avec taille de barbe en copiant un modèle donné
- Une transformation complète incluant coupe, couleur et coiffage inspirée d'un catalogue de tendances
À 13h30, l'effervescence était palpable mais maîtrisée : shampouinage, application des couleurs, rinçage, laquage, ajustement des mèches. « La gestion du stress fait partie des compétences attendues. Il faut être bon dans tous les domaines de la coiffure », a insisté Denis Wittmer, président du jury et lui-même titré en 1991 à seulement 24 ans.
L'excellence artisanale récompensée
Créé pour valoriser l'excellence artisanale, le diplôme d'État de Meilleur ouvrier de France est reconnu bien au-delà des frontières françaises. « Là, on est sur de la qualité. Demain, on sera sur de l'excellence », a résumé Denis Wittmer, soulignant l'évolution des compétences attendues.
La plupart des candidats ne sont plus des débutants. Beaucoup exercent depuis de longues années et voient ce concours comme une consécration professionnelle. « C'est souvent un aboutissement de carrière », a souligné le président du jury.
Témoignage d'une ancienne lauréate
Parmi les jurés figurait Gwendoline Travard, sacrée lors de la précédente édition à seulement 26 ans. Aujourd'hui âgée de 29 ans, elle se souvient d'un parcours fait de travail et de persévérance : CAP, brevet professionnel puis BTS en alternance, tout en participant déjà à des concours.
« On s'entraîne toutes les semaines, tous les week-ends pendant plusieurs années », a-t-elle raconté. Pour elle, la compétition représente aussi un terrain d'expression artistique. « On a envie de se dépasser ». Si remporter le titre reste une récompense personnelle, il bénéficie également à celles et ceux qui accompagnent les candidats. « C'est une victoire pour nous mais aussi pour nos modèles avec qui on s'entraîne tout le temps », a-t-elle souligné.
Depuis son sacre, la jeune coiffeuse prépare désormais l'ouverture de son propre salon, démontrant ainsi que ce concours prestigieux ouvre de nouvelles perspectives professionnelles tout en célébrant l'excellence de l'artisanat français.



