Prolongement de la voie verte à Saint-Sulpice : l'expropriation imminente face aux oppositions agricoles
Voie verte à Saint-Sulpice : expropriation imminente face aux opposants

Prolongement de la voie verte à Saint-Sulpice : l'expropriation imminente face aux oppositions agricoles

Le chantier de prolongement de la voie verte dans l'Agglomération du Grand Villeneuvois est déjà bien avancé, mais il se heurte à une opposition ferme de la part des agriculteurs locaux. La jonction avec la piste cyclable de l'avenue Henri-Barbusse s'étire sur près d'un kilomètre et demi et s'arrête net à l'orée de la ferme d'Emmanuel Aze, à Saint-Sulpice. Cet agriculteur, producteur de plants d'asiminiers, est le premier opposant sur le tracé de 4,5 kilomètres jusqu'à la base municipale.

Une procédure d'expropriation en cours

Dans la continuité de la Déclaration d'utilité publique (DUP) du projet, le préfet a pris en septembre dernier un arrêté déclarant cessibles par voie d'expropriation les parcelles nécessaires à sa réalisation. Les élections municipales, durant lesquelles les candidats avaient exprimé des avis divergents sur le tracé, avaient mis la procédure sur pause. Les urnes ayant parlé et reconduit la majorité à l'initiative du projet, l'étape suivante est désormais imminente.

Selon le maître d'ouvrage, le juge des expropriations, rattaché au tribunal judiciaire d'Agen, doit délivrer son ordonnance fin mars. Après cela, il se transportera sur les lieux pour évaluer le préjudice des opposants afin de fixer leurs indemnités. Cette nouvelle étape s'inscrit dans la poursuite d'un long processus, faute de compromis entre les parties.

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Les oppositions et les recours

La médiatrice nommée pour essayer de trouver un compromis n'y est pas parvenue, et la DUP, comme les arrêtés de cessibilité, font l'objet de plusieurs recours de la part de riverains, futurs voisins de cette itinérance dédiée aux modes de déplacement doux. D'autres opposants suivent au fil de l'itinéraire, et des riverains demandent des clôtures de leur parcelle, des accès à la voie verte, des caméras et des terres en échange des parcelles cédées contraints et forcés.

La poursuite du chantier au fond de la propriété d'Emmanuel Aze est-elle donc inéluctable ? Pas nécessairement, à en croire l'Agglomération. Si le juge ne peut aller à l'encontre de la DUP, celle-ci portant sur le projet global, le tracé peut encore évoluer à la marge. Jusqu'au contournement des terres de l'agriculteur, qui engendrerait selon lui un détour d'environ 400 mètres ? Cela semble peu probable, même s'il peut demander des chiffrages complémentaires et va écouter les arguments des uns et des autres avant de rendre un avis fixant les contreparties et dédommagements à payer pour poursuivre le chantier.

Un projet qui suscite curiosité et controverse

Ce projet, sujet de controverse, suscite aussi la curiosité des promeneurs, déjà nombreux à s'aventurer sur la piste stabilisée. À ce jour, une largeur de cinq mètres a été décaissée. La future piste, qui sera recouverte d'enrobé, doit mesurer trois mètres de large avec de possibles rétrécissements localisés. La première portion débute en passant derrière la résidence Virebeau.

Le tracé, sinueux, traverse un cadre verdoyant qui met rapidement l'usager à distance des nuisances sonores de la route. Il faut ensuite sauter la rue du barrage pour tourner vers le Lot, un petit ruisseau à gauche, des terres agricoles à droite. Certaines, plus loin, ont été semées. Une fois passé sous les lignes haute tension, le cheminement frôle la rivière. Celle-ci disparaît plus loin en raison d'une végétation touffue. Elle marque aussi la fin du chantier. Jusqu'à nouvel ordre.

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