Un rêve de Salon de l'agriculture brisé par l'épidémie bovine
Le taureau Titan, magnifique spécimen de race aubrac de 4 ans pesant 1,1 tonne, devait faire ses grands débuts au Salon international de l'agriculture de Paris du 21 février au 1er mars 2026. Propriété de Quentin et Thierry Vammale, éleveurs installés à La Fage-Montivernoux en Lozère, cet animal répondant parfaitement aux standards de sa race avec sa robe charbonnée et ses cornes blanches à extrémité noire restera finalement dans son pré.
Une première participation annulée pour raisons sanitaires
La décision a été prise le 13 janvier 2026 lors d'une conférence de presse du président du Salon : aucun bovin ne sera présent cette année. La cause ? L'épidémie de dermatose nodulaire contagieuse (DNC) qui sévit depuis juin 2025 dans plusieurs départements français, ayant entraîné l'abattage de troupeaux et la détection de 117 foyers de la maladie. Les 28 organismes de sélection des races bovines françaises ont préféré ne prendre aucun risque.
Pour Quentin Vammale, 20 ans, en phase d'installation sur l'exploitation familiale, cette annulation représente une grande déception : "C'est un rêve de gamin. Quand on est petit, on voit nos copains qui montent au Salon, à Paris. On se dit peut-être qu'un jour, on y sera." Son père Thierry, 52 ans, qui n'a jamais visité le Salon, espérait y accompagner son fils.
Compréhension et respect face à la situation sanitaire
Malgré leur déception, les éleveurs lozériens font preuve d'une grande compréhension. Quentin Vammale explique : "On est déçu forcément quand c'est la première année, mais il y a beaucoup de compréhension quand même. Aujourd'hui, monter à Paris pour choper cette maladie de la DNC... Et même par rapport aux autres éleveurs qui se sont fait abattre leur troupeau, c'est du respect, je trouve."
La crainte de la maladie reste présente dans les esprits : "On n'en parle plus, mais ça tourne toujours dans notre tête. On ne pense pas que ça se soit arrêté là comme ça", confie le jeune éleveur.
Une opportunité de visibilité manquée
Le Salon de l'agriciture représentait une belle opportunité pour cette exploitation peu connue. "On se serait fait un peu plus connaître, parce qu'on n'est pas du tout connus...", regrette Quentin. Actuellement salarié sur l'exploitation de son père, il développe une passion particulière pour la race aubrac et la génétique, contrairement à son père qui travaillait surtout avec des croisés aubrac-charolais.
L'exploitation compte aujourd'hui 45 vaches à vêler. Les femelles aubrac sont vendues pour la reproduction tandis que les croisées aubrac-charolais partent en Italie pour l'engraissement.
Titan, un champion déjà primé
Si Titan ne pourra pas briller au Salon de l'agriculture 2026, le taureau a déjà prouvé sa valeur sur d'autres podiums. Au comice de Nasbinals, il a obtenu une troisième place lors de sa première participation, une première place la deuxième année, et à nouveau une troisième place cette année. Il s'est également distingué au National Aubrac, terminant troisième de sa section dans cette compétition de très haut niveau.
Les Vammale reconnaissent que leur bête ne sera peut-être pas sélectionnée pour le prochain Salon, mais ils gardent espoir pour l'avenir. Les performances de Titan laissent présager de nouveaux succès dans les concours agricoles à venir, même si le rêve parisien devra attendre des jours meilleurs pour la santé des troupeaux français.



