Tempêtes dans les Landes : le Modef dénonce un système assurantiel inégalitaire
Les tempêtes successives qui ont frappé le département des Landes en février 2026 – Nils, Oriana et dernièrement Pedro – ont laissé des traces profondes dans le paysage agricole. Les exploitations ont subi des dégâts matériels considérables, avec des cultures entièrement détruites et des prairies submergées par les eaux. Face à cette situation d'urgence, les agriculteurs se tournent vers leurs assurances, mais c'est précisément ce système que le Mouvement de défense des exploitants familiaux (Modef) remet en cause dans un communiqué virulent.
Un système qui « creuse les inégalités » selon le syndicat
Le Modef, en coordination avec la Confédération paysanne, dénonce avec force ce qu'il qualifie de « dysfonctionnement majeur » du système assurantiel actuel. « Ce système ne protège majoritairement qu'un certain type de fermes : les plus grandes qui disposent de capitaux suffisants », affirme le syndicat. Le mouvement paysan des Landes y est fermement opposé car il creuse les inégalités entre agriculteurs, une situation qui risque de s'aggraver avec l'intensification des aléas climatiques et la hausse constante des coûts des assurances et des franchises.
Selon le Modef, les petites et moyennes exploitations seront les premières victimes de ce système inéquitable, alors même qu'elles jouent un rôle essentiel dans la souveraineté alimentaire des territoires, la dynamisation économique et sociale locale, ainsi que la préservation de la santé publique. « Ces fermes familiales contribuent pourtant le plus à notre résilience collective », insiste le communiqué.
Demandes urgentes : refonte du système et reconnaissance de catastrophe naturelle
Face à cette crise, le Modef formule plusieurs demandes pressantes aux autorités :
- Une refonte urgente du système assurantiel, avec un rejet de la privatisation du risque climatique.
- Le renforcement du mécanisme d'indemnisation via le dispositif des calamités agricoles, pour mieux anticiper les crises et soutenir la robustesse des petites et moyennes fermes.
- La reconnaissance immédiate de l'état de catastrophe naturelle pour l'ensemble du département des Landes.
- L'activation du régime des calamités agricoles afin de débloquer des aides financières.
Le syndicat demande également à la Chambre d'agriculture d'organiser d'urgence une réunion avec les services de l'État pour établir un état des lieux précis des dégâts, « quelle que soit la filière concernée ». L'objectif est d'évaluer l'étendue des pertes et l'ampleur des investissements nécessaires pour reconstruire et relancer l'activité agricole.
En conclusion, le Modef alerte sur l'urgence de la situation : « Sans une réforme profonde, les inégalités ne feront que s'accentuer, mettant en péril l'avenir de notre agriculture familiale et de notre souveraineté alimentaire ». Les tempêtes de février 2026 servent ainsi de révélateur criant des failles d'un système qui, selon les syndicalistes, nécessite une transformation radicale pour faire face aux défis climatiques à venir.



