Tempête Nils : Les palombières du Sud-Gironde durement touchées
La tempête Nils a laissé des traces profondes dans le paysage girondin, frappant particulièrement les installations de chasse à la palombe. Les palombières, ces cabanes traditionnelles utilisées pour la chasse aux oiseaux migrateurs, ont subi des dégâts considérables, notamment dans le massif forestier sud-girondin. Les chasseurs, déjà habitués à redouter chaque coup de vent, voient leurs craintes confirmées et s'inquiètent sérieusement pour l'avenir de leur activité.
Une disparité régionale marquée
Les impacts de la tempête varient significativement selon les secteurs. Dans l'Entre-deux-Mers, les dommages restent limités : quelques branches cassées, des fils de fer emmêlés et des arbres au sol, mais rien de comparable à la rive gauche de la Garonne. Jean-Pierre Bugeade, chasseur dans le Monségurais, explique cette différence : « L'Entre-deux-Mers est vallonné, ce qui offre une certaine protection contre le vent. De plus, nos chênes sont moins touffus que les pins, et nos sols argileux permettent aux arbres de mieux s'ancrer. » Il souligne également la vulnérabilité du pin maritime, essence dominante sur la rive gauche, particulièrement sensible au vent sur des sols gorgés d'eau.
Le massif forestier sud-girondin sinistré
À l'inverse, le massif forestier sud-girondin a été sévèrement éprouvé. Stéphane Armagnac, bûcheron et monteur d'appeaux, constate : « Aucun secteur n'a échappé à la violence du vent, surtout autour de Captieux où des rafales ont dépassé 150 km/h. Les dégâts sont considérables, et les futures saisons de chasse seront impactées. » Même si le Bazadais a été moins touché, l'ampleur des destinations laisse présager des conséquences durables.
Des conséquences à long terme pour la chasse
Les répercussions sur l'activité cynégétique sont profondes. Serge Carrère, chasseur à Landiras, témoigne : « Les dégâts sont énormes. Je me demande comment nous allons pouvoir chasser. La reconstruction d'une palombière prend plusieurs années, entre la pose des appeaux, le nettoyage des arbres et l'aménagement des couloirs. » La chute des arbres modifie la physionomie des bois et nécessite des adaptations coûteuses, avec des frais pouvant atteindre plusieurs centaines d'euros. Les chasseurs doivent maintenant faire face à un défi de reconstruction qui menace la pérennité de leurs traditions.



