Tempête Nils : les fraisiculteurs de Puch-d’Agenais face à des dégâts considérables
Tempête Nils : dégâts massifs sur les serres de fraises

Les fraisiculteurs de Puch-d’Agenais dévastés par la tempête Nils

Thierry et Aline Cozza observent, le cœur lourd, les dégâts causés par le passage de la tempête Nils sur les serres de leur exploitation de fraises, située à Puch-d’Agenais. « Ici, la bâche est arrachée. Et ici, la structure de la serre est déformée », explique Thierry Cozza, fraisiculteur, en pointant du doigt les lambeaux de plastique qui jonchent le sol. Une semaine après le passage de la tempête, le maraîcher constate les ravages sur ses 6 000 mètres carrés de culture. « Je n’ai pas osé venir avant », avoue-t-il, l’air contrit.

Une alerte nocturne et des serres béantes

« Les voisins ont été alertés par un boucan et nous ont prévenus [le mercredi 11 février] aux alentours de 23 heures », se souvient Aline Cozza, le regard fixé sur les dégâts. Sur les cinq serres de l’exploitation, trois sont désormais béantes, exposées aux intempéries. Le danger immédiat est la moisissure des plants exposés, car la température à l’intérieur a chuté de sept degrés, ralentissant drastiquement la production.

Thierry Cozza s’exaspère : « Nous allons perdre 15 jours à cause de l’air frais qui rentre, et il est impossible de traiter ». La perte est d’autant plus conséquente que la variété cultivée, la gariguette, est l’une des plus précoces. « Normalement, on la commercialise dès le mois de mars, mais là, on ne pourra pas ». Le couple, qui a sollicité une assurance, estime le montant des réparations à 15 000 euros.

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1 000 exploitations touchées dans le Lot-et-Garonne

Loin d’être un cas isolé, l’entreprise compte sur le « soutien encourageant » de la CR 47 et espère « une reconnaissance rapide des dégâts » par la Chambre d’agriculture. Benoît Bergé, directeur de la Chambre d’agriculture de Lot-et-Garonne, détaille : « Nous y demandons la reconnaissance de l’état de catastrophe naturelle, l’appui de l’armée, ainsi que la procédure liée aux calamités agricoles ».

À ce jour, l’établissement recense 1 000 exploitations touchées sur les 5 500 du département. « Les productions les plus impactées par les crues et la tempête sont majoritairement issues du maraîchage : elles répondent à des modèles de forte valeur ajoutée », explique Benoît Bergé. Impossible d’établir un bilan chiffré précis, mais les dégâts se compteront « en plusieurs millions d’euros de perte sèche sur le chiffre d’affaires ».

Un contexte déjà difficile pour le secteur agricole

La tempête intervient dans une situation jugée « déjà très difficile » par Thierry Cozza, alors que 40 % des entreprises agricoles sont « en grande difficulté » selon la Chambre d’agriculture. « Après l’interdiction du Movento, maintenant la tempête et les crues : on enchaîne les facteurs décourageants », lâche le maraîcher.

Tandis que plusieurs agriculteurs du département sont toujours sans électricité, Thierry Cozza espère « passer la nuit », qui s’annonce venteuse avec des rafales pouvant aller jusqu’à 70 km/h selon Météo-France. La Chambre d’agriculture a également sollicité une enveloppe de 100 millions d’euros pour faire face aux dégâts du week-end, avec des équipes sur le terrain dès la semaine prochaine pour constater les dommages.

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