Les restrictions d'eau liées à la sécheresse dans le Sud-Ouest suscitent des tensions. La Coordination rurale (CR) appelle les agriculteurs à ne pas les respecter pour « sauver les cultures », tandis que les autorités insistent sur un « partage équitable » de l'eau.
Dans les Landes, une dérogation refusée
Dans les Landes, où les agriculteurs doivent réduire leurs prélèvements de 50 % par endroits, le syndicat a demandé une dérogation jusqu'au 25 juillet, « parce qu'on est en période cruciale pour la plante », mais « on n'a pas été entendus », a expliqué lundi à l'AFP Joël Descat, président de la CR40. « Je pense que des contrôles mettraient le feu aux poudres chez des exploitants déjà éprouvés et fatigués », prévient-il après avoir appelé à braver les interdits.
En Haute-Garonne, un appel à l'irrigation
En Haute-Garonne, « s'ils veulent irriguer, ils irriguent […] on sera là pour les défendre », lance le président de la CR31, Maxime Raud. Vendredi, la préfecture de ce département a fait valoir que « les capacités du système de soutien d'étiage atteignent désormais leurs limites », en renforçant les restrictions face à la « persistance de températures élevées et l'absence de précipitations significatives depuis plusieurs semaines ».
Lot-et-Garonne : l'interdiction contestée
Même position pour la CR du Lot-et-Garonne, où l'irrigation est interdite dans de nombreux secteurs classés en « crise » hydrologique. « N'en tenez pas compte, si vous devez irriguer vos productions pour sauver ce qui reste à sauver, n'hésitez pas […] Personne n'a le droit de vous interdire quoi que ce soit chez vous », avait lancé la semaine dernière sur Facebook le président du syndicat, José Pérez.
La préfecture lot-et-garonnaise, sollicitée par l'AFP, rappelle que « l'eau est un bien commun dont la préservation repose sur une gestion équilibrée et un partage équitable entre les différents usages », et invite la présidente de la Chambre d'agriculture du département, Karine Duc, « à relayer ce message » auprès des irrigants.
Au niveau national, compréhension mais pas d'appel à la désobéissance
Au niveau national, la CR n'appelle pas à la désobéissance mais son secrétaire général, François Walraet, « comprend » que « dans le Sud-Ouest, certains soient complètement désespérés avec déjà des pertes de 30 à 40 % sur le maïs ».



