Sète 2026 : quand le port florissait grâce au négoce d'agrumes avec l'Espagne
Sète 2026 : le port florissant du négoce d'agrumes espagnols

Sète 2026 : l'âge d'or du port dans le commerce des agrumes avec l'Espagne

Au XIXe siècle et jusqu'aux années 1970, le port de Sète s'est imposé comme un pôle central du négoce des agrumes entre la Méditerranée et l'Espagne. Cette activité commerciale florissante, souvent éclipsée par les réputations morutières ou pinardières de la cité, a pourtant largement contribué à la richesse et au dynamisme de la ville héraultaise.

Les balancelles espagnoles : des voiliers chargés d'oranges et de citrons

Les précieux agrumes – oranges et citrons – arrivaient à Sète à bord de voiliers espagnols surnommés balancelles dans les ports français, ou pailebots en majorquin. D'après les recherches de la Société d'études historiques et scientifiques de Sète et sa région (Sehsser), ces navires pouvaient transporter entre 30 et 40 tonnes de fruits par trajet dès le XIXe siècle.

Les convois étaient impressionnants : selon un article du Méridional en 1922, les balancelles arrivaient souvent par groupes de dix ou douze, chacune chargée d'environ 180 tonnes d'agrumes. Les fruits provenaient principalement de Majorque, du Pays de Valence, et plus tard d'Algérie et du Maroc. La vallée de Soller, réputée pour la qualité de ses productions, était une source majeure.

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L'évolution technologique : de la voile à la vapeur

Les bateaux de type pailebots, llauts ou xabecs en catalan, ont progressivement été équipés de propulsion à vapeur vers 1890. Des navires comme le Leon de Oro, le Villa de Soller, le Mari Mercedes ou l'Union ont marqué cette transition. En 1930, le vapeur de Valence Francisca Perset, reconnaissable à sa coque blanche, lançait des campagnes transportant jusqu'à 300 tonnes d'oranges.

Malgré cette modernisation, le transport de vrac par pailebot à voile s'est poursuivi en parallèle jusqu'aux années 1950, principalement de février à juin, témoignant de la persistance des traditions maritimes.

Les acteurs du négoce : familles majorquines et catalanes

Le développement de ce commerce à Cette (ancien nom de Sète) puis Sète doit beaucoup à des armateurs et négociants espagnols, notamment des familles majorquines et catalanes. Barthélémy Tous s'installe à Sète en 1871, suivi par Antoine Bernat en 1880, qui établit ses activités sur le quai Aspirant Herber puis sur l'avenue Victor-Hugo.

Selon Michel Waller, auteur des recherches, des familles catalanes et valenciennes ont également joué un rôle crucial dans l'essor de ce trafic. Les dockers déchargeaient des centaines de milliers d'agrumes directement sur les quais, où ils étaient ensuite vendus à l'unité, considérés comme des mets de choix.

Un héritage maritime qui perdure

Cette page d'histoire portuaire, bien que moins connue, rappelle la diversité des activités commerciales qui ont façonné l'identité de Sète. Aujourd'hui, des initiatives comme la Route des agrumes ou des projets de marins aventuriers cherchant à relancer le transport d'agrumes à la voile entre l'Espagne et Sète témoignent de la persistance de cette mémoire maritime.

Les balancelles amarrées dans les canaux, chargées d'oranges et de citrons, restent ainsi un symbole fort d'une époque où Sète était un carrefour florissant du commerce méditerranéen.

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