Une invasion de lapins dévaste les oliviers de Sauvian
Julien Dalens, oléiculteur au domaine de Font de Mazeilles à Sauvian, dans l'Hérault, est confronté à un phénomène qu'il n'avait jamais observé en vingt ans de métier. Depuis fin janvier, des hordes de lapins s'attaquent à ses oliviers, causant des dégâts considérables sur son verger de 13 hectares.
Des troncs pelés jusqu'à la naissance des branches
"Ce qui est hallucinant, c'est l'étendue des dégâts", explique Julien Dalens. "Je n'ai jamais vu ça. J'ai des troncs pelés jusqu'à la naissance des branches, à tel point que j'ai l'impression qu'ils se montent les uns sur les autres pour atteindre une telle hauteur." Avec sa femme Séverine, ils avaient repris ce domaine en toute confiance, mais les lapins sont devenus leur problème numéro un.
Les attaques ont commencé dès la fin janvier et touchent 10 à 15% des jeunes arbres. La circulation de la sève est perturbée, ce qui réduira la production. Julien Dalens estime que 2 à 3% des arbres attaqués vont mourir.
Un mal sournois et invisible en journée
En journée, tout semble calme. Seuls des amas de crottes au pied des arbres trahissent la présence des saboteurs. "Mais si vous passez en voiture dans les allées, de nuit, en pleins phares, vous voyez des lapins partout. Chez mes voisins, c'est pareil", témoigne l'oléiculteur.
Ces rongeurs, qui se nourrissent habituellement chez les maraîchers, utilisent les troncs d'olivier pour limer leurs dents, qui poussent continuellement tout au long de leur vie.
Des solutions coûteuses et peu efficaces
Pour protéger les arbres, plusieurs solutions existent mais elles présentent des limites :
- Mettre des tubes en PVC autour des troncs, mais "ils trouvent le moyen de rentrer"
- Utiliser un produit répulsif, mais il est cher, surtout en agriculture biologique, et doit être appliqué au pinceau sur chacun des 2 800 arbres
Le problème est tel que le président héraultais du syndicat FDSEA a même demandé l'intervention de l'armée, un appel qui a peu de chances d'être entendu.
Un déséquilibre environnemental à réguler
Face à cette situation, Julien Dalens souligne : "Nous sommes face à un déséquilibre environnemental, il faut le réguler, et les seuls qui peuvent le faire, ce sont les chasseurs." Les assurances se retournent souvent contre les sociétés de chasse, qui elles-mêmes se retournent contre les maires, créant des tensions dans les communes où tout le monde se connaît.
Geoffrey Quimbel, directeur de la fédération héraultaise de chasse, explique cette prolifération : "On a eu une pullulation au début des années 2010, puis un temps plus calme à cause des inondations, et maintenant un retour qui est d'abord passé par l'Est de Montpellier et maintenant le Biterrois. Tout cela reste assez mystérieux."
Le lapin de garenne (Oryctolagus cuniculus) se reproduit rapidement - une lapine a en moyenne 3 à 5 portées par an, chacune comptant de 3 à 12 lapereaux - et sa prolifération récente serait due à l'obtention d'une immunité collective contre certaines maladies.



