Salon de l'agriculture 2026 : une édition historique sans bovins
Pour la première fois dans l'histoire du Salon international de l'agriculture (SIA), les vaches et bovins seront absents de l'édition 2026. Cette décision difficile a été prise face à la dermatose nodulaire contagieuse (DNC) qui a touché les Savoie et une grande partie de l'Occitanie, notamment la chaîne des Pyrénées.
Un choix respecté malgré l'impact
Jérôme Despey, président du SIA depuis 2025, explique : « J'ai respecté ce choix des éleveurs et des organismes de sélection qu'il n'y ait pas de présence bovine au salon, face aux incertitudes et aux risques de l'évolution de la maladie. » Même si un protocole sanitaire était prévu et que l'immunité collective a été atteinte dans la zone vaccinale, les éleveurs ont préféré la prudence.
Cette absence constitue un véritable choc pour cet événement grand public qui attire traditionnellement 600 000 visiteurs. « Cela a créé des drames pour un certain nombre d'éleveurs qui ont dû abattre leur cheptel », reconnaît Despey, également secrétaire général de la FNSEA et président de la chambre d'agriculture de l'Hérault.
Adaptation et diversification animale
Pour compenser cette absence emblématique, les organisateurs se sont adaptés : « Dans le Hall 1, nous nous sommes adaptés : on a su rebondir avec les ovins, les caprins et les porcins, avec une augmentation des effectifs de ces animaux. » Au total, 3 500 animaux seront présents sur le salon, dont des équins, des chiens et des chats.
Les éleveurs bovins ne seront pas totalement absents : « Ils seront présents avec leurs organismes de sélection pour présenter leurs produits et réaliser des duplex depuis leurs élevages. » Des démonstrations de chiens de berger, de tonte et de chevaux de trait sont également prévues.
Une programmation riche et diversifiée
Le salon propose cette année plusieurs nouveautés :
- La création d'Agri'Culture : la culture dans l'agriculture avec des expositions, un cinéma et un prix littéraire
- Le pays à l'honneur est la Côte d'Ivoire au pavillon international
- 600 000 visiteurs attendus et plus de 1 100 exposants
- 30 pays représentés
L'Occitanie sera particulièrement bien représentée avec 133 exposants, 50 agriculteurs exposants, 90 éleveurs inscrits au Concours général agricole et 271 animaux en compétition.
Défendre la souveraineté alimentaire française
Jérôme Despey place la souveraineté alimentaire au cœur des débats : « Le sujet n'est pas la remise en cause des échanges, on doit commercer. Mais ça ne peut pas se faire dans des conditions de distorsion de concurrence. » Il dénonce particulièrement l'accord Mercosur qui « a créé une situation d'incompréhension en autorisant l'importation de produits agricoles qui ne sont pas produits dans les mêmes conditions qu'en France ou en Europe. »
Le président du SIA s'inquiète également des conséquences commerciales des tensions géopolitiques : « C'est absolument anormal que nos filières subissent les conséquences commerciales sur des enjeux dont nous n'avons pas la responsabilité. » Il appelle à des compensations européennes pour les secteurs économiques touchés par ces mesures.
Le Concours général agricole : une plus-value essentielle
Le Concours général agricole reste un événement majeur du salon : « On sait ce qu'une médaille peut représenter, notamment pour la viticulture. C'est une véritable plus-value en termes de revenus et de chiffre d'affaires. » Une médaille peut entraîner une hausse des ventes de 20 à 30% pour les produits récompensés.
L'urgence de préserver les agriculteurs
Face à la diminution constante du nombre d'exploitations agricoles - de 1,6 million en 1970 à peine 390 000 aujourd'hui - Jérôme Despey lance un cri d'alarme : « Il faut faire en sorte d'arrêter l'érosion du nombre d'agriculteurs, car leur disparition entraîne également des conséquences sur les territoires, sur l'emploi, sur la vitalité de nos villages. »
Les impacts sont multiples : « Il y a d'autres impacts sur l'aménagement du territoire et la protection de la biodiversité, en créant des territoires en friches avec des risques d'incendie par exemple. On l'a vécu l'été dernier dans l'Aude. »
Les défis climatiques en Occitanie
L'Occitanie est particulièrement touchée par les aléas climatiques : « Aujourd'hui, l'Occitanie est le territoire le plus en souffrance en matière d'aléas climatiques, où le sujet de l'eau et de son stockage est devenu fondamental. » Despey appelle à plus de capacités d'entreprendre pour les agriculteurs face à ces défis.
Le thème du salon 2026, « Générations solutions », reflète cette volonté de progresser : « On ne baisse pas les bras, il y a une vraie démarche de progrès dans l'agriculture aujourd'hui. »
Les critères de succès du salon
Pour Jérôme Despey, le succès du salon se mesurera à sa capacité à créer du lien : « Ce qui m'importe c'est que les agriculteurs, les filières de production avec l'ensemble des exposants, puissent dire que ce Salon est un lien important avec nos concitoyens. » Il souligne l'importance du dialogue direct avec le public.
En conclusion, le président du SIA insiste : « Faisons en sorte qu'il reste des agriculteurs, après il sera trop tard. D'où l'importance de définir quelle sera l'agriculture de demain ! » Un message fort pour cette édition 2026 qui se veut à la fois réaliste et tournée vers l'avenir.



