La laine ovine retrouve sa noblesse dans l'Aveyron
La bergerie de Marie et Gilles Bernat, à Galamans près de Montlaur, a récemment accueilli un atelier insolite. Le cliquetis des tondeuses électriques a rompu la quiétude habituelle, tandis qu'une vingtaine de participants, principalement des acteurs locaux, se sont rassemblés pour redécouvrir les potentialités de la laine ovine.
Un atelier pour sensibiliser à la collecte et au tri
L'objectif de cette journée était de sensibiliser les participants aux bonnes pratiques de collecte de la laine, afin de favoriser ses nouvelles utilisations. Pour éviter que des brins de paille ne s'agglomèrent à la toison, une bâche avait été soigneusement disposée sur la litière de la bergerie. Les mains expertes du tondeur ont ensuite ôté la veste laineuse des ovins avec précision.
Plus loin, une table de tri avait été installée. Autour de celle-ci, quatre paires de mains s'affairaient à nettoyer et à diriger la matière dans différents réceptacles. La partie la plus noble de la toison, débarrassée des zones souillées ou marquées de peinture, était soigneusement enroulée sur elle-même. Cette laine de qualité est destinée à la filature ou à la confection de literie, tandis que le rebut alimente le paillage ou la filière engrais.
Des témoignages qui soulignent l'importance de la démarche
Marie Bernat, propriétaire de la bergerie, insiste sur l'importance de vulgariser les bonnes pratiques dès l'amont de la collecte : "Il est essentiel de faciliter les diverses utilisations de la laine en adoptant des méthodes adaptées dès le départ."
Le député Jean-François Rousset, venu en voisin de Montlaur, a mis l'accent sur la nécessité de structurer la filière : "Créer une structure intermédiaire entre les producteurs et les transformateurs permettrait de valoriser cette matière locale et abondante."
Brigitte Bernat, l'une des petites mains trieuses, a pointé les nouvelles attitudes à adopter dans la gestion du troupeau, notamment par un marquage moins invasif. Roxane Wilhelm, du parc des Grands Causses, s'est félicitée de la réussite de ces journées et de l'intérêt porté à cette ressource enfin réhabilitée.
Des utilisations variées qui redonnent du lustre à la laine
Longtemps laissée-pour-compte, la laine connaît un regain d'intérêt notable. Ses utilisations sont désormais multiples et innovantes :
- Matelasserie et feutre pour l'habillement et la décoration
- Fil pour le tissage et la confection textile
- Paillage pour l'agriculture et le jardinage
- Engrais naturel pour enrichir les sols
Ces myriades de toisons, sans être d'or, permettent à la brebis de voler la vedette au cochon en démontrant que tout est bon dans cet animal : le lait, la viande, le cuir, et désormais la laine. Un véritable retour aux sources pour cette matière qui fut jadis la première à être tissée.
Cette renaissance de la laine ovine dans l'Aveyron illustre parfaitement comment une ressource locale peut être revalorisée grâce à une approche collaborative et innovante. Chapeau à cette initiative ! En feutre, évidemment.



