Un projet immobilier controversé à la Cité Bergère
À Montpellier, un projet de construction de deux immeubles d'habitation sur une parcelle maraîchère de la Cité Bergère, avenue Saint-Lazare, suscite une vive émotion parmi les riverains. Une pétition en ligne intitulée "Des légumes ou du bitume ?" a déjà recueilli plus de 3 000 signatures en quelques jours.
Les habitants dénoncent une bétonnisation excessive
Julien, habitant du quartier et initiateur de la pétition, exprime sa déception : "C'est hallucinant ! Sur le plan local d'urbanisme intercommunal, ils ont préservé la parcelle, sauf ce bout qui doit être construit. Cela représente environ 20 % du site." Il fréquente régulièrement le lieu pour acheter des légumes en vente directe et regrette que les propriétaires, attachés à leur terre, aient dû céder une partie du terrain pour des raisons financières.
Les élus écologistes s'opposent au projet
L'élue écologiste d'opposition Coralie Mantion, qui se bat depuis des années pour préserver le site, déclare : "Ces espaces, au-delà de l'agriculture, ce sont des îlots de fraîcheur dans la ville. Il faut savoir que 80 % de Montpellier sont urbanisés ; il ne reste que 20 % d'espaces naturels. Il faut absolument fermer le robinet de l'urbanisation." Elle ajoute que tant que la première pierre n'est pas posée, le projet peut encore être stoppé.
La position de la majorité municipale
De son côté, Laurent Nison, adjoint chargé des travaux et signataire du permis de construire, justifie la décision : "Dans le cadre de l'ancien PLU, le site était 100 % constructible. Avec le nouveau PLUi-c, nous avons proposé de classer 80 % de cette surface pour la rendre inconstructible. Nous avons également demandé au promoteur de réduire la hauteur des immeubles de cinq à quatre étages." Pour lui, ce compromis est une victoire, car le projet initial était bien plus dense.
Les propriétaires expliquent leur vente
Philippe Colomina, exploitant actuel, précise les raisons de la vente : "Si on voulait conserver la propriété, on était obligé de céder un morceau. On est là depuis 1958, mais les frais de succession nous ont mis dans l'obligation de vendre." Il assure que le combat a été difficile et qu'ils ont agi de manière raisonnée.
Un projet qui divise
Alors que les riverains craignent de perdre leur vue sur les cultures et un espace de fraîcheur, les élus de la majorité estiment que le projet est un moindre mal. Laurent Jouault, élu au développement durable, conclut : "Dans un premier dépôt de permis, il y avait énormément de bâtiments. Là, on aboutit à quelque chose de plus positif. Notre sentiment est qu'il s'agit quand même d'une victoire, car on partait de loin."



