Procès d'un agriculteur de la Coordination rurale pour un barrage contestataire en Lozère
Procès d'un agriculteur pour un barrage en Lozère

Un agriculteur de la Coordination rurale jugé pour un barrage routier contestataire en Lozère

Jean-Luc Bergounhe, membre actif de la Coordination rurale, sera présenté ce jeudi 12 mars 2026 devant le tribunal correctionnel de Mende. L'agriculteur est poursuivi pour avoir organisé un barrage routier sur la RN88, à hauteur de Barjac, le 7 janvier dernier. Cette action militante, menée en pleine période hivernale et sous des conditions neigeuses difficiles, visait à protester contre la gestion gouvernementale de la crise de la dermatose nodulaire contagieuse bovine.

Une mobilisation qui a paralysé la circulation

Le barrage installé par Jean-Luc Bergounhe et d'autres militants a provoqué d'importantes perturbations du trafic sur cet axe routier crucial. De nombreux automobilistes se sont plaints d'avoir été bloqués pendant près de deux heures, créant des bouchons conséquents et des retards significatifs. L'agriculteur, qui réside par ailleurs à Barjac, a été immédiatement interpellé par les forces de l'ordre à l'issue de cette manifestation et placé en garde à vue pour son rôle dans l'organisation de cette action.

La réaction ferme des autorités préfectorales

Le préfet de la Lozère, Gilles Quénéhervé, accompagné de sa secrétaire générale Laure Trotin, s'est rendu sur les lieux du barrage et a vivement condamné cette initiative. "Compte tenu de l'épisode neigeux actuel et de l'importance du trafic routier sur cet axe à cette heure, cette action inconséquente représente un danger grave pour la sécurité des usagers et une gêne importante pour la population et notamment de nombreuses familles qui regagnent leur domicile", a déclaré le représentant de l'État. Les autorités ont souligné les risques encourus par les usagers de la route dans ces conditions météorologiques difficiles.

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Le refus de la procédure de plaider-coupable

Le parquet avait initialement proposé à Jean-Luc Bergounhe une comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité, communément appelée procédure de plaider-coupable. Cependant, le militant agricole a catégoriquement refusé tout accord avec les autorités judiciaires, ce qui explique sa comparution directe devant le tribunal correctionnel. Ce choix démontre la détermination de l'agriculteur à assumer pleinement son action et à en défendre les motivations devant la justice.

Le contexte de la crise sanitaire bovine

Cette action de protestation s'inscrit dans un contexte plus large de mécontentement des agriculteurs face à la gestion de la dermatose nodulaire contagieuse bovine. Cette maladie virale affecte les bovins et peut avoir des conséquences économiques graves pour les éleveurs. La Coordination rurale, syndicat agricole dont fait partie Jean-Luc Bergounhe, s'est particulièrement mobilisée sur ce dossier, estimant que les mesures gouvernementales étaient insuffisantes pour protéger les exploitations agricoles touchées par cette épizootie.

Le procès qui s'ouvre à Mende met ainsi en lumière les tensions persistantes entre le monde agricole et les autorités publiques sur la gestion des crises sanitaires animales. Il pose également la question des limites de l'action militante et du droit de manifestation dans le secteur agricole, alors que les professionnels du monde rural expriment de plus en plus fortement leurs préoccupations face aux défis économiques et sanitaires auxquels ils sont confrontés.

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