Procès du lac de Caussade : quatre anciens responsables agricoles devant la justice
Ce mercredi 18 février, le tribunal judiciaire d'Agen examine une affaire complexe impliquant d'anciens dirigeants de la Chambre d'agriculture de Lot-et-Garonne. Patrick Franken et Serge Bousquet-Cassagne, figures emblématiques de la Coordination rurale, doivent répondre de graves accusations concernant le financement occulte d'amendes pénales.
Des accusations pour prise illégale d'intérêts et détournement de fonds
Les deux hommes sont poursuivis pour prise illégale d'intérêts, détournement de biens d'un dépôt public, et recel de bien obtenu par abus de confiance. Ces charges découlent directement de leur condamnation en janvier 2022 pour la construction illégale du lac de Caussade, un dossier qui continue de faire des vagues dans le monde agricole.
L'enquête révèle que les anciens présidents auraient mobilisé les fonds du syndicat de la Coordination rurale et de la Chambre d'agriculture pour régler les 80 000 euros d'amendes prononcées contre eux. Cette manœuvre aurait été réalisée via des délibérations votées au sein de l'organisme consulaire alors qu'ils occupaient encore leurs fonctions dirigeantes.
Des comptes personnels ponctionnés par la justice
En juin dernier, après leur placement en garde à vue par les gendarmes de la Section de recherche de Bordeaux, des sommes importantes ont été prélevées sur leurs comptes personnels :
- Près de 40 000 euros sur le compte de Patrick Franken
- Plus de 70 000 euros sur celui de l'ancien président de la Chambre d'agriculture
Ces ponctions ont été ordonnées par le parquet général, malgré l'appel formé par les deux leaders de la CR 47 qui n'a pas abouti.
Quatre accusés devant le tribunal correctionnel
Outre Patrick Franken et Serge Bousquet-Cassagne, deux autres responsables comparaissent ce mercredi :
- Pascal Béteille, président de la CR 47 au moment des faits
- Pierre Grosz, trésorier de l'organisation
Tous deux devront répondre d'abus de confiance devant le tribunal correctionnel, complétant ainsi le tableau des personnes impliquées dans cette affaire qui mêle syndicalisme agricole, gestion publique et pratiques financières douteuses.
Ce procès en appel représente un nouvel épisode judiciaire dans le long feuilleton du lac de Caussade, dont les ramifications continuent d'ébranler les institutions agricoles du Lot-et-Garonne. Les audiences permettront de déterminer si les fonds publics et syndicaux ont effectivement été détournés pour régler des amendes personnelles, une pratique qui, si elle était avérée, constituerait une violation grave des règles de transparence et de probité attendues des responsables consulaires.



