Le Concours Général Agricole Lance Son Premier Concours Officiel du Pain de Campagne
En amont du Salon international de l'agriculture, le Concours général agricole (CGA) a inauguré, mardi 10 février 2026, son premier concours officiel du pain de campagne. Cet événement historique s'est tenu à la Rungis Académie, située sur le marché d'intérêt national de Paris, marquant une étape cruciale pour la reconnaissance de l'excellence boulangère en France.
Une Première Édition Expérimentale en 2025
L'année 2025 a servi de phase expérimentale pour ce concours, permettant aux organisateurs de peaufiner les critères de dégustation et d'évaluer les temps de préparation nécessaires pour les candidats. Cette préparation minutieuse a conduit au grand jour du 10 février 2026, où artisans et industriels se sont affrontés dans une compétition unique en son genre.
L'Évolution du Concours Général Agricole
L'étendue des produits présentés au CGA évolue constamment, s'adaptant aux habitudes de consommation et aux demandes des professionnels. Pour créer une nouvelle catégorie, il faut une demande émanant d'au moins cinq producteurs indépendants répartis sur trois départements ou d'un syndicat professionnel. Un cahier des charges est ensuite élaboré avec l'Institut national de l'origine et de la qualité (Inao) pour définir les critères précis soumis aux jurés.
Pour le pain, la Confédération nationale de la boulangerie-pâtisserie française (CNBP) et la Fédération des entreprises de boulangerie (FEB) ont initié cette démarche. Les équipes du CGA ont dû tout inventer, car c'est la première fois que le concours organise la fabrication d'un produit qui ne peut souffrir d'aucun délai avant la dégustation. Sitôt cuit, sitôt croqué, d'où le choix du centre de formation d'apprentis (CFA) de la Rungis Académie comme lieu d'accueil.
Les Candidats et Leur Préparation
Deux catégories étaient en lice : les boulangers artisanaux, avec sept candidats, et les boulangers industriels, avec huit enseignes, tous sélectionnés dans les régions par la CNBP et la FEB. Les artisans sont arrivés la veille avec leur levain, considéré comme la signature du boulanger, un élément transmis de génération en génération ou jalousement conservé.
Le règlement imposait de renourrir le levain sur place avec de l'eau et de la farine, puis de le laisser fermenter. Dans la cuisine, les artisans s'activaient : certains calibraient des détecteurs de pH pour définir l'acidité parfaite de leur pâte, d'autres mesuraient leur touche de sel avant le pétrissage. Le mardi matin, ils ont dû pétrir, faire des rabats, détailler en pâtons, façonner et cuire. Les industriels, quant à eux, sont arrivés avec de la pâte surgelée pour la mise en pousse avant la cuisson du lendemain.
Un Cahier des Charges Rigoureux
Le cahier des charges était identique pour tous : obligation d'utiliser des matières premières 100% françaises, incluant farine de blé, de seigle ou de méteil, eau, sel, levain et levure (inférieure à 1,5%). Les candidats ont été laissés dans la farine, et la dégustation a eu lieu le lendemain, avec des jurés et boulangers sans aucun contact.
Deux tables de dégustation étaient prévues, une pour les pains artisanaux et une pour les industriels, chacune avec six jurés : trois professionnels et trois consommateurs. Les organisateurs ont rappelé que c'était un concours du goût, non de la technicité, bien que les critères incluaient l'aspect, la cuisson, la couleur, l'alvéolage de la mie, l'odeur, la saveur et la teneur de la mie.
La Dégustation et les Résultats
Pour les pains industriels, huit produits étaient présentés, identifiés par des numéros à cinq chiffres. Les jurés, dont des consommatrices expérimentées comme Marine, Jeanne et Valérie, ont évalué chaque pain en le regardant, le sentant, le faisant rebondir entre leurs doigts et enfin en le goûtant. Chaque juré avait une feuille d'évaluation avec des notes allant d'« insuffisant » à « excellent ».
Les échanges entre jurés ont conduit à une conclusion homogène : une médaille d'or et une de bronze ont été attribuées, avec un maximum de deux médailles autorisées (soit 30% des produits présentés). Le verdict reste secret jusqu'au 23 février, date de la remise des prix au Salon de l'agriculture. L'année prochaine, la brioche vendéenne fera son entrée dans le concours.
Les Chiffres de l'Excellence en 2025 et 2026
En 2025, le CGA a présenté 7 852 produits dans 19 catégories, allant des confitures au foie gras, avec 12 238 échantillons de vins soumis aux jurés. Sur 6 687 jurés, un tiers étaient des professionnels et deux tiers des consommateurs. Au total, 5 347 produits ont été médaillés, dont 2 356 d'or, 2 189 d'argent et 802 de bronze.
Pour 2026, 8 130 produits du terroir sont inscrits, soit une hausse de 3,5%, avec des augmentations notables pour les miels (+50%) et les jus de fruits (+32%), mais une baisse pour les armagnacs (-10%) et les échantillons de vins (-5,4%), reflétant la conjoncture viticole actuelle.



