La filière avicole française traverse une crise sans précédent. En cause : une réglementation de plus en plus contraignante qui a favorisé l'essor des importations. Selon un rapport de la Cour des comptes, la production de poulet en France a chuté de 15 % en dix ans, tandis que les importations ont bondi de 30 %.
Des normes françaises plus strictes que la moyenne européenne
Les éleveurs français doivent respecter des normes sanitaires et environnementales bien plus sévères que leurs concurrents européens. Par exemple, la densité maximale autorisée dans les élevages de poulets de chair est de 21 kg/m² en France, contre 42 kg/m² dans d'autres pays de l'Union européenne. Cette différence de taille pénalise la compétitivité des producteurs hexagonaux.
« Nous sommes les seuls à devoir respecter des normes aussi drastiques, ce qui augmente nos coûts de production de 20 % par rapport à nos voisins », déplore Jean-Michel Schaeffer, président de la Fédération des industries avicoles (FIA).
Une explosion des importations de poulet
Les importations de poulet, notamment en provenance de Pologne, d'Allemagne et des Pays-Bas, représentent désormais près de 40 % de la consommation française. En 2022, la France a importé 450 000 tonnes de volaille, soit une hausse de 25 % par rapport à 2015. Ce phénomène s'explique par des prix plus bas : le poulet polonais coûte en moyenne 30 % moins cher que le poulet français.
Cette situation a des conséquences directes sur l'emploi. Le secteur avicole français a perdu 10 000 emplois en cinq ans, selon les chiffres du ministère de l'Agriculture.
Des appels à une harmonisation des normes
Face à cette crise, les professionnels réclament une harmonisation des normes au niveau européen. « Il est urgent de mettre fin à cette concurrence déloyale. Nous demandons que les mêmes règles s'appliquent à tous les producteurs de l'UE », insiste Jean-Michel Schaeffer.
De son côté, le gouvernement français a promis des mesures de soutien, notamment via le plan de relance, mais les résultats se font attendre. La filière espère que la nouvelle Politique agricole commune (PAC) pourra apporter des solutions.



